Karting de Grabels menacé par le solaire, sauvé par les chauves-souris ?
Karting de Grabels : chauves-souris et lézard contre le solaire

Le circuit de karting de Grabels, près de Montpellier, pourrait être sauvé par la présence d'espèces animales protégées. Les nouveaux gérants, Jordan Poinsot et Camille Paire, espèrent que la présence de chauves-souris et de lézards ocellés fera échouer le projet de ferme photovoltaïque d'Urbasolar. Le projet a déjà été réduit de 20 à 5 hectares, et une pétition a recueilli 7 000 signatures.

Une menace crédible sur le circuit historique

Installés en avril 2025, Jordan Poinsot et Camille Paire savent qu'ils peuvent recevoir à tout moment un courrier recommandé leur donnant six mois pour libérer le site de Bel-Air si le permis de construire est accordé à Urbasolar. Le circuit, inauguré en mars 1988, a vu passer des amateurs célèbres comme Alain Prost et Gérard Holtz. L'ancien propriétaire avait signé une promesse de bail avec Urbasolar, car l'activité était en déclin depuis plusieurs années.

Camille Paire explique : « On connaissait la menace qui pesait sur le circuit. L'ancien gérant n'avait plus envie de continuer à exploiter. Ça faisait déjà quelques années que l'activité était en déclin. C'est pour ça que ça a été convoité par des sociétés de photovoltaïque. Nous, quand on a repris l'activité et on s'est dit : on va essayer de sauver la piste. »

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Une reprise dynamique et des soutiens solides

La famille, passionnée, a réussi à redresser la barre. Dès la première année, le circuit affiche 200 licenciés, contre 70 pour l'ancienne structure, et un chiffre d'affaires de 400 000 € sur les six premiers mois de 2026, soit « autant que le meilleur bilan sur une année par le passé », selon les gérants. Leur fils Roméo, champion de ligue Méditerranée dans la catégorie U10, contribue à cette dynamique.

Le projet photovoltaïque a été revu à la baisse : « Il est passé de 20 hectares de panneaux à 5 hectares, parce qu'ils ne veulent pas toucher au stand de tir voisin où les gendarmes et la police viennent s'entraîner. Il y a un pas de tir de 300 m, c'est rare », souligne Camille Paire. Une pétition a recueilli environ 7 000 signatures, dont 2 400 en ligne. Le projet devra passer par une enquête publique, offrant à chacun la possibilité de s'exprimer.

Des espèces protégées comme dernier rempart

La présence de deux espèces de chauves-souris (l'oreillard et la pipistrelle) et du lézard ocellé, tous « strictement protégés » par arrêté ministériel, pourrait faire reculer le dossier. Ces animaux ont déjà fait échouer de nombreux projets. Les gérants, installés à Sète et venus de l'immobilier, se montrent confiants : « Si ça n'aboutit pas, pour nous, ce n'est pas grave, on saura rebondir. »

Le nouveau maire de Grabels, Pascal Heymès, préfère « clairement que soit maintenue cette activité avec également une démarche de formation et de prévention avec les jeunes de Grabels plutôt qu'il y ait un nouveau champ photovoltaïque comme il en existe déjà de l'autre côté de la route ». La Métropole, plus mesurée, rappelle sa « politique ambitieuse de développement du photovoltaïque » et souligne qu'Urbasolar est une entreprise née et basée à Montpellier. Elle note que le projet, lancé en 2021, a « longtemps fait consensus mais les délais d'instruction particulièrement longs le placent désormais face à de nouvelles difficultés d'acceptabilité locale qu'il convient d'entendre ».

Les gérants ambitionnent de faire du circuit « le plus beau circuit du Sud, une étape internationale », tout en continuant à accueillir les jeunes Grabellois dans le cadre du centre de loisirs. L'avenir du site dépendra de l'enquête publique et de la décision sur le permis de construire.

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