Nice : un élu demande des arrêts obligatoires pour les animaux d'abattoir
Nice : un élu demande des arrêts obligatoires pour les animaux

« Je demande des arrêts obligatoires sur la route des abattoirs. » La phrase est lancée comme un avertissement par Henry-Jean Servat, adjoint délégué au Bien-être animal à la Ville de Nice. Elle résume le nouveau combat de l'élu, journaliste et chroniqueur people, réintégré par le maire Éric Ciotti en mars dernier dans ses délégations d'origine – les animaux et le cinéma – après avoir été écarté par l'ancien premier magistrat Christian Estrosi.

L'enfer des 45 vaches

Le déclencheur remonte au début du mois de juillet. Quarante-cinq vaches, qui devaient être conduites d'Espagne vers un abattoir en Italie, sont restées bloquées à Nice puis à La Gaude. Le camion tracteur était en panne, immobilisant la bétaillère vétuste en plein soleil, pendant près de trois jours. Les animaux, entassés dans un véhicule à deux étages, ont pataugé dans leurs urines et leurs excréments, sans eau ni nourriture.

Un épisode qui reste « en travers de la gorge » de l'élu, lui qui dénonce un laisser-aller généralisé dans le transport du bétail. Pour lui, l'issue fatale des animaux ne justifie pas un tel traitement.

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Des services de l'État « injoignables »

Henry-Jean Servat ne se contente pas d'évoquer l'émotion. Il pointe des responsabilités concrètes. Les services de l'État ? Il les qualifie « d'injoignables le week-end ». Les bétaillères ? Certaines sont, selon lui, « en état de délabrement absolu qu'il faut changer ». La justice ? Il lui demande « d'intervenir avec plus de célérité et de sévérité ».

Au-delà de ces critiques, l'adjoint identifie le problème numéro un : le transport d'animaux destinés à l'abattoir. « Si on veut faire transiter des animaux de l'Espagne vers l'Italie, les points d'embarquement les plus proches sont à Marseille et à Sète. Il faut des arrêts obligatoires comme le préconise la réglementation européenne », explique-t-il.

Créer des aires de repos pour le bétail

Pour rendre ces arrêts possibles, Henry-Jean Servat veut trouver des terrains à acheter ou à louer, notamment à des agriculteurs, à proximité des grands axes de circulation. Il est en lien avec la direction départementale de la protection des populations (DDPP) et l'Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs (OABA).

« Ces terrains manquent et le fait qu'il n'y en ait pas ou très peu n'incite pas les transporteurs à faire une halte », regrette-t-il. Ces aires devraient être équipées de dispositifs d'arrosage, d'abreuvoirs, de plages de verdure et permettre aux bêtes de rester 24 heures, de boire, de se nourrir et de profiter « d'un peu de détente ».

50 000 euros de financement déjà en vue

Le projet pourrait rapidement voir le jour grâce à un financement associatif. L'OABA apporterait son soutien « à hauteur de 40 000 euros », et l'Alliance anticorrida 10 000 euros. Soit 50 000 euros. L'adjoint prévoit d'ajouter « une participation de la Ville de Nice ainsi que des dons particuliers pour compléter les aménagements ».

Cette somme servirait à équiper les aires de tout le nécessaire pour accueillir les bovins et ovins dans des conditions décentes, même si leur destin reste scellé. « On m'a dit que de toute façon, les bêtes allaient à la mort. Ce n'est pas une raison pour les entasser les unes sur les autres, les laisser comme ça sans eau, sans nourriture, sans fraîcheur, sans quelques plages de liberté. Un animal stressé, c'est de la viande toxique ! », lance l'élu.

Nice, ville exemplaire

L'objectif affiché par Henry-Jean Servat est ambitieux : « faire de Nice une ville exemplaire ». La cité azuréenne est, selon lui, « l'une des zones les plus concernées par les transports d'animaux », et ce qui y sera réalisé « doit servir d'exemplarité en France ».

Reste à convaincre les différents acteurs, des transporteurs aux abattoirs, en passant par les services de l'État. L'élu espère que la prise de conscience consécutive au drame des 45 vaches permettra d'avancer vite. En attendant, il continue de chercher des terrains, avec une boussole : offrir aux bêtes une mort digne, même quand l'issue est fatale.

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