Réparation des voies ferrées Monaco-Roquebrune : le défi de trois mois
Réparation des voies ferrées Monaco-Roquebrune : trois mois

Depuis trois semaines, une soixantaine d'ouvriers de SNCF Réseau travaillent chaque nuit dans le tunnel de Monte-Carlo pour réparer 1.000 mètres de voies ferrées endommagées par un incident survenu le 9 juillet. Le chantier, qui devait initialement prendre trois ans de préparation, a été réalisé en trois mois, et la circulation devrait reprendre normalement le 9 novembre.

Un incident rare et des travaux nocturnes

Le 9 juillet, un incident « extrêmement rare » a endommagé la voie sur environ 1.000 mètres entre Monaco et Roquebrune, vers Vintimille. Selon SNCF Réseau, il ne s'agit pas d'un déraillement, mais d'une pièce métallique située sous une rame TER qui a détérioré la voie. Aucun blessé n'est à déplorer, mais la circulation des trains est limitée à 10 km/h sur ce tronçon depuis l'incident.

Chaque soir, entre le dernier et le premier train, les ouvriers disposent d'environ six heures pour travailler. À 5 heures du matin, ils doivent avoir levé le camp pour laisser place à la circulation des trains. Le chantier mobilise une soixantaine de femmes et d'hommes de SNCF Réseau, qui doivent remplacer au total 2.098 mètres de rails et 1.700 traverses.

Un travail de précision avec des équipements spécialisés

Avant de pénétrer dans le tunnel, Alban, chef de travaux, briefe les équipes. « Nous allons devoir accéder dans le tunnel par la voie en direction de Vintimille. Les appareils que nous aurons ce soir ? Trois pelles rail-route qui vont s'enrailler », explique-t-il. Ces engins permettent de déposer le ballast, les traverses ou encore les rails. Un train-travaux de 500 mètres de long veille également à l'acheminement des matériaux nécessaires.

Chaque travailleur est « pointé » avant d'entrer dans le tunnel, et doit porter un casque, une combinaison Tyvek®, un masque FFP2 et une bouteille d'oxygène. Patrice, chef de projet, précise que « chaque soir, c'est 108 mètres de rails qui sont posés ». La soudure, dite « haute performance », est l'une des étapes les plus techniques, répondant à des exigences liées au système de signalisation ERTMS, en déploiement jusqu'en 2030 pour moderniser la ligne Marseille - Vintimille.

Un défi logistique relevé en trois mois

Thierry Jacquinot, directeur régional adjoint de SNCF Réseau, souligne la difficulté du chantier : « Ce qui a été très particulier sur ce chantier, c'est qu'un renouvellement de cet acabit se programme généralement trois ans avant son début. Le temps d'organiser les marchés, préparer l'ensemble du chantier, l'empreinte capacitaire, c'est-à-dire la plage des travaux de nuit pendant laquelle les trains ne roulent pas. Et là au lieu de trois ans, on avait trois mois pour le faire. C'est un défi que nos ouvriers relèvent tous les jours. »

Le 9 novembre prochain, le chantier devrait être terminé, et « la limitation de vitesse sera levée pour retrouver un plan de transport pleinement opérationnel », assure SNCF Réseau. D'ici là, les ouvriers continuent de travailler chaque nuit pour rétablir la voie dans les délais impartis.