Depuis la tour de contrôle de l'aérodrome de Mende-Brenoux, Pascal Poupard guide chaque pilote lors des décollages et atterrissages. Fort de 25 ans d'expérience, ce contrôleur aérien de 58 ans affirme : « Depuis que je suis en poste, il n'y a eu aucun accident mortel ». Un bilan remarquable pour cet aiguilleur du ciel, arrivé en Lozère en 2010.
Un poste unique en France
L'aérodrome de Mende est le plus haut de France, culminant à 1 025 mètres d'altitude. Ouvert à la circulation aérienne publique, il accueille une variété d'appareils : ULM, hélicoptères, autogires. Pascal Poupard y coordonne également les mouvements du Dragon 48, l'hélicoptère de sauvetage, essentiel pour les opérations en zone périlleuse.
Chaque échange avec les pilotes est précis : « En moyenne, chaque mouvement aérien nécessite trois phrases échangées avec le pilote », explique-t-il. Il détermine l'angle, la force du vent, et communique les informations essentielles. La précision est cruciale pour éviter tout incident.
3 000 mouvements par an
En 2024, l'aérodrome a enregistré 2 942 mouvements, dont 1 464 vols locaux en ULM et 132 vols nationaux. En une heure, on peut y voir atterrir deux hélicoptères, dont un de l'armée de l'air, ainsi que des ULM et un autogire. Cette activité soutenue exige une vigilance constante.
« Je suis la seule personne ici à l'aérodrome, nous ne sommes que deux, avec le pilote des ULM », précise Pascal Poupard. En semaine, lorsqu'il n'est pas en poste, les pilotes se connectent entre eux. Mais sa présence reste indispensable pour gérer les situations complexes.
Un parcours marqué par l'aviation
Passionné depuis toujours, Pascal Poupard a obtenu son brevet de pilote privé en 1996. Il rêvait de rejoindre Air France comme agent de trafic, mais les attentats du 11 septembre 2001 ont bouleversé ses plans. Il se tourne alors vers le métier d'agent d'escale en 2004, puis décroche sa qualification de contrôleur aérien en 2007.
Son travail ne se limite pas à la tour de contrôle. Il effectue aussi de petites réparations sur l'aérodrome, comme le balisage lumineux. En dehors de ses heures de service, il pratique l'aéromodélisme, une façon de rester connecté à sa passion. À la retraite, il envisage de reprendre sa licence de pilote pour survoler les vallées lozériennes.
Une responsabilité constante
« On ne doit pas avoir d'accidents, on est audités régulièrement là-dessus », martèle-t-il avec gravité. « Je ne m'en remettrai jamais si ça arrivait », ajoute-t-il. Cette exigence explique son dévouement et son humilité, malgré une responsabilité immense.
Pour lui, « c'est un véritable métier de cœur ». Un sentiment partagé par les pilotes qui le côtoient, comme ce dimanche où deux pilotes ont échangé en simultané : « On a un problème, je ne vous vois pas, à l'horizon », a soufflé l'un d'eux. Pascal Poupard a immédiatement pris le relais, démontrant son rôle crucial dans la sécurité de tous.



