Le Globe, unique bar du centre de Bouzigues, installé depuis 1910 rue de la République, est au cœur d'une vive polémique. Une pétition de soutien signée par 167 habitants a été déposée en mairie début septembre, tandis que sept voisins expriment leur ras-le-bol face aux nuisances sonores. Le maire, Jean-Christophe Pezerat, tente de maintenir le dialogue.
Un bar centenaire entre attachement et nuisances
Niché au cœur de la commune, dans la rue qui mène au port, Le Globe a sa fidèle clientèle. "Un lieu authentique. Comme on les aime pour l'apéro !", écrit Laurence dans un commentaire en ligne. "Café de village agréable et patron avec la gouaille sympathique et typique du sud", ajoute Tim. Mais l'établissement fait parfois du bruit, beaucoup de bruit avec sa sono et ses basses. "En télétravail, j'ai parfois dû partir de chez moi car le bruit était insupportable", décrit un voisin. Une vidéo a capté la diffusion des Oies sauvages, et le son, cette fois-là, a dépassé les limites du raisonnable, provoquant l'intervention des gendarmes, désormais familiers des lieux.
Sept voisins ont exprimé leur ras-le-bol, rappelant que Le Globe "est un bar, pas une boîte de nuit". En réaction, une partie du village s'est mobilisée pour apporter son appui. La pétition de soutien, signée par 167 Bouzigaudes et Bouzigauds, a été déposée en mairie. Les habitants y formulent leur attachement au café, rappellent son antériorité et son ancrage, et pointent l'importance du lieu de vie qu'il représente à Bouzigues.
Le maire appelle au dialogue, le gérant dénonce une ampleur excessive
Dans cette polémique de village qui place la question du vivre-ensemble au cœur du sujet, le maire tente de maintenir les équilibres. "J'ai échangé avec le gérant du bar après avoir reçu les voisins en colère. Quand le bruit est fort, ça résonne et ça crée des désagréments assez importants pour les voisins. Il faut l'entendre. Pour autant, il n'y a aucune volonté que l'établissement ferme, ni de procédure en cours. Il y a juste un dialogue à avoir, un pas à faire vers l'autre. Il faut maintenir le lien social", estime Jean-Christophe Pezerat.
Les voisins, qui ont parfois subi des insultes et des menaces de clients du bar en plus du bruit, ne veulent ni la fermeture du Globe, qu'ils n'ont jamais demandée, ni faire de polémique. Dominique, le gérant arrivé de Martigues, trouve que l'affaire a pris trop d'ampleur. "Quand j'ai racheté le bar PMU il y a un an et demi, j'avais prévu de faire des animations, quelques karaokés, pour faire bouger le village. Mais je ne peux pas, alors que je n'ai jamais dépassé les horaires. Même à 13 h 30, sur un bout de Brassens, on m'envoie la police municipale !"
Un équilibre précaire entre rentabilité et tranquillité
Soucieux de calmer le jeu, Dominique, qui reconnaît l'effet "caisse de résonance" du bruit dans la petite rue et son impuissance face à des clients agités, a stoppé les "extras" pendant tout l'été. Ni fête de la musique, ni 14 juillet. "Sauf que mon comptable vient de m'alerter : je prends une gamelle sur mon chiffre d'affaires. Si je ne peux pas faire d'animation, le bar n'est pas rentable. Et s'il n'est pas rentable, je vais devoir le fermer."
Une perspective qu'une majorité de Bouzigauds ne veut pas. D'un côté, Dominique demande : "Qu'on me laisse faire un truc de temps en temps !" De l'autre, les voisins répondent : "On veut juste que ça se calme et que ça soit plus raisonnable, comme ça l'est depuis quelques semaines." Le maire appelle à un chemin de crête pour que chacun puisse vivre et que le café centenaire de Bouzigues continue à jouer son rôle social.



