Un projet vertueux paralysé par des problèmes de financement
Construit il y a deux ans à proximité de l'autoroute A40, dans la région d'Oxford au Royaume-Uni, un vaste parking de covoiturage demeure totalement inutilisable. En effet, aucune bretelle d'accès ne permet aux automobilistes d'y accéder, transformant cette infrastructure en un véritable « éléphant blanc », selon l'expression anglaise désignant une réalisation pharaonique, coûteuse et inexploitable.
Un chantier achevé mais une ouverture reportée à 2028
Les travaux de construction du parking, baptisé Park & Ride d'Eynsham, sont terminés depuis deux ans. Cependant, faute de fonds suffisants, l'aménagement et l'ouverture de la bretelle d'accès indispensable ont été reportés à l'année 2028. Le budget initial, qui s'élevait à 81 millions de livres sterling, soit un peu plus de 60 millions d'euros, a explosé, contraignant le Conseil du Comté d'Oxfordshire à rechercher de nouveaux financements ou à revoir ses plans à la baisse.
Un axe stratégique saturé par le trafic
L'A40, qui relie Londres à Fishguard au pays de Galles, est un axe routier stratégique dont le trafic varie considérablement selon les sections. La zone d'Eynsham, située entre Oxford et Witney, constitue l'un des principaux points de congestion de cette voie. Un nœud d'engorgement persistant sur le pont de Swinford a motivé le lancement du projet intitulé A40 Smart Corridor.
Ce projet ambitieux prévoyait notamment :
- Des voies dédiées aux cars sur une dizaine de kilomètres, entre Eynsham et Oxford.
- Une piste cyclable ultra-sécurisée.
- Le parking de covoiturage, destiné à inciter les automobilistes à déposer leur véhicule pour emprunter les transports en commun.
Des objectifs environnementaux compromis
L'objectif principal de ce parking était de réduire le trafic routier et ses émissions polluantes, telles que le monoxyde de carbone, l'oxyde d'azote, les composés organiques volatils et les particules fines. Malheureusement, l'inauguration de l'infrastructure est aujourd'hui compromise. Le tronçon concerné, long de sept kilomètres, ne dispose que de deux voies, une dans chaque sens, et enregistre un trafic de 30 000 véhicules par jour, pouvant atteindre 1 800 véhicules à l'heure pendant les pics de circulation.
Des délais de trajet considérablement allongés
Les conséquences de cette congestion sont palpables au quotidien. Par exemple, un trajet qui ne prendrait que 10 minutes à 3 heures du matin peut durer jusqu'à quarante-cinq minutes aux heures de pointe, comme vers 7 h 30 le matin ou en fin de journée. La situation est d'autant plus complexe que la proximité de plaines inondables rend difficile tout élargissement de la chaussée, limitant les options de réaménagement.
Ainsi, ce projet initialement vertueux, conçu pour améliorer la mobilité et lutter contre la pollution, se trouve dans une impasse financière et logistique, illustrant les défis rencontrés dans la mise en œuvre d'infrastructures durables.



