Une mobilisation a eu lieu mercredi matin devant la gare de Millau, où cheminots et usagers se sont rassemblés pour dénoncer la dégradation du service public ferroviaire. Soutenus par les syndicats, les cheminots expriment leur colère face aux fermetures et à la mise en pause de la ligne Rodez-Millau, fermée depuis décembre 2017. La réhabilitation de cette ligne, pourtant soutenue par les élus locaux, a été reportée sine die en raison d'un manque de financements.
Un combat pour la réouverture de la ligne Millau-Rodez
Pour les syndicats, la réouverture de cette ligne est une nécessité. Selon la CGT Cheminots, cette ligne constitue la seule alternative à l'axe littoral Montpellier-Narbonne-Toulouse et est essentielle pour assurer la liaison transversale entre les anciennes régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Frédéric Laur, secrétaire du syndicat CGT Cheminots de Millau, rappelle que lors des états généraux du rail il y a dix ans, les citoyens s'étaient prononcés en faveur de la réouverture de la ligne et pour davantage de trains vers Montpellier.
Un projet ajourné faute de budget
La Région devait contribuer à hauteur de 60 à 80 millions d'euros, mais le projet a finalement été ajourné. Emmanuelle Gazel, élue de la Région, parle d'une « mise en pause budgétaire », invoquant la nécessité de réaliser 500 millions d'euros d'économies. Elle assure que la ligne n'est pas abandonnée. Cependant, les cheminots considèrent cette décision comme un très mauvais signal.
Les cheminots dénoncent la libéralisation du rail
Les usagers présents lors du rassemblement partagent les inquiétudes des cheminots concernant les choix de la direction TER SNCF et les directives européennes sur la libéralisation du rail. Frédéric Laur souligne que tous les pays ayant ouvert le service à la concurrence sont revenus en arrière, et s'interroge sur la pertinence de cette politique en France. La CGT Cheminots martèle que l'argent du rail devrait servir à rouvrir les lignes et à maintenir un service de qualité, plutôt que de financer la concurrence ou de réduire les horaires des guichets.
Une dégradation du service à Millau et Sévérac-d'Aveyron
À Millau, la direction a décidé de fermer le guichet le dimanche ainsi que le samedi après-midi, privant les voyageurs de toute assistance. À Sévérac-d'Aveyron, la situation est encore plus alarmante, avec un accueil inexistant les après-midi et le week-end entier. Les syndicats dénoncent une volonté de casser le service public, d'autant plus incompréhensible que la SNCF a affiché un résultat net record de 1,8 milliard d'euros en 2025, qui pourrait dépasser les 2 milliards en 2026.
Une mobilisation pour l'avenir du train
La soixantaine d'agents de la gare de Millau, relayant l'appel à la mobilisation, est convaincue que le train a un rôle essentiel à jouer, dans un contexte de hausse continue des produits pétroliers et de nécessaire décarbonation de l'économie. Ils espèrent que leur combat permettra de faire renaître la ligne Millau-Rodez et de maintenir un service ferroviaire de proximité et de qualité.



