L'aéroport de Lyon-Saint Exupéry s'apprête à révolutionner l'expérience des passagers en mettant fin aux longues files d'attente. Un nouveau dispositif de reconnaissance faciale, baptisé « Biometric Fast Track », sera déployé d'ici la mi-2025 dans les zones de contrôle de sécurité et d'embarquement. Selon les chiffres de l'aéroport, ce système permettrait de réduire le temps de passage de 20 minutes à moins de 5 minutes pour les voyageurs inscrits.
Un dispositif déjà testé avec succès
D'après les informations de nos confrères du Point, le projet a été expérimenté depuis septembre 2024 sur un couloir dédié. Les résultats sont probants : 95 % des passagers volontaires ont franchi les contrôles en moins de trois minutes. « C'est un gain de temps considérable, et surtout une suppression du stress lié à l'attente », a déclaré un porte-parole de l'aéroport. Le système utilise une simple caméra et une puce électronique intégrée au passeport ou à la carte d'embarquement.
Un déploiement progressif
Le déploiement se fera par étapes. Dès janvier 2025, les passagers des compagnies Air France et easyJet pourront s'inscrire via l'application mobile de l'aéroport. En juin, l'ensemble des vols au départ de Lyon-Saint Exupéry seront concernés. L'objectif affiché est de traiter 3 000 passagers par heure, contre 1 200 actuellement. Cela représente une augmentation de 150 % de la capacité de filtrage sans agrandir les infrastructures.
Un enjeu de compétitivité
Cette innovation s'inscrit dans une stratégie plus large visant à améliorer la compétitivité de l'aéroport face à ceux de Genève et Marseille. « Les voyageurs choisissent de plus en plus leur aéroport en fonction de la fluidité des contrôles », explique un expert en transport aérien cité par Le Point. Avec 11 millions de passagers annuels, Lyon-Saint Exupéry espère ainsi capter une part supplémentaire du trafic, notamment vers les destinations européennes.
Des questions sur la protection des données
Si l'initiative séduit, elle soulève aussi des interrogations. La CNIL a été consultée et a validé le dispositif sous réserve du respect du règlement général sur la protection des données (RGPD). Les données biométriques seront effacées 48 heures après le vol. « Nous avons veillé à ce que la vie privée soit préservée », assure le directeur de l'aéroport, qui rappelle que le système est facultatif : les passagers réticents peuvent toujours utiliser les files classiques.
Un modèle pour d'autres aéroports
Lyon-Saint Exupéry n'est pas le premier à expérimenter la reconnaissance faciale. Nice et Paris-Charles-de-Gaulle ont déjà lancé des tests. Mais selon le Point, l'aéroport lyonnais serait le premier en France à généraliser le système à l'ensemble de ses terminaux. Un bond technologique qui pourrait faire école. En attendant, les voyageurs se préparent à dire adieu aux files d'attente interminables.



