À Chanac, les secrets de deux trésors du patrimoine dévoilés aux visiteurs
À Chanac, les secrets de deux trésors du patrimoine dévoilés

À Chanac, les Journées européennes du patrimoine ont permis, samedi 19 septembre 2026, de franchir les portes de deux lieux emblématiques. Dans le bourg, les visiteurs ont découvert la tour, ultime témoin du château des évêques de Mende. À Ressouches, c'est tout un domaine, largement insoupçonnable depuis la RN88, qui s'est dévoilé.

Le dernier témoin du château des évêques

« C'est une tour du XIIe siècle qui faisait partie du complexe du château qui occupait toute l'esplanade », explique Victoria Drouin, guide de l'office de tourisme de l'Aubrac aux gorges du Tarn. Propriété de l'évêché de Mende, ce château central s'inscrivait dans un dispositif complété par Le Villard à l'ouest et Cénaret, à Barjac, à l'est. Associé à l'évêque Aldebert II de Peyre, il eut d'abord une fonction défensive avant de devenir une résidence de plaisance. Le complexe fut détruit à la Révolution.

Pourquoi la tour a-t-elle survécu ? « On ne sait pas vraiment », reconnaît la guide. Ses murs très épais, sa forme « carrée, bien massive » et sa construction entièrement en pierre pourraient avoir favorisé sa conservation.

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Une propriété que la route ne révèle pas

À Ressouches, la visite commence sous les arbres. Une belle allée ombragée conduit au château, où Fabrice Bazin de Jessey, fils de la propriétaire, accueille les visiteurs. Autour de la demeure se découvrent les terrasses et un jardin à la française aux buis taillés. En contrebas, une vaste prairie parfaitement plate s'étend au bord du Lot. Une imposante glycine attire également le regard. La famille espère la voir un jour classée. La visite permet aussi d'entrer dans la chapelle, toujours consacrée.

De la maison forte au château Renaissance

L'histoire du site est attestée en 1291 avec la mention d'une manse de Ressouches dépendant de l'évêque de Mende. Une maison forte du XIIIe siècle se trouvait probablement à l'emplacement de la demeure actuelle. En 1560, la seigneurie de Ressouches est attestée. Charles d'Aragon fait construire dans la seconde moitié du siècle le château sur les fondations médiévales. Tours, anciens mâchicoulis et murs épais côtoient les fenêtres à meneaux d'une résidence devenue plus confortable.

La seigneurie est vendue à Antoine de Buisson en 1635. Celui-ci entreprend ensuite d'importants travaux. Au XVIIIe siècle, Ressouches passe à la famille de Séguin. Confisqué comme bien national pendant la Révolution et vendu à Pierre Gaillard, aubergiste à Florac, le domaine est ensuite rétrocédé à François de Séguin.

Les Dupont de Ligonnès à partir de 1908

En 1908, Ressouches quitte la famille de Séguin. Bernard Dupont de Ligonnès acquiert le domaine avec le soutien de son oncle Charles Dupont de Ligonnès, évêque de Rodez et Vabres de 1906 à 1925. Une photographie du prélat est notamment conservée dans la chapelle, où sont également visibles les armes familiales.

Le domaine bénéficie d'une première protection au titre des Monuments historiques en 1971. Celle-ci est étendue en 1992 aux différents bâtiments, à la chapelle, à la cour, aux jardins en terrasses et à l'allée de marronniers.

La tour de Chanac a désormais refermé ses portes pour ces Journées du patrimoine, même si des visites y sont proposées certains jeudis durant l'été. À Ressouches, les visiteurs disposent encore de ce dimanche 20 septembre, de 14 h à 18 h, pour découvrir les extérieurs, le domaine et, exceptionnellement, la chapelle.

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