Les aides personnalisées au logement (APL) ne seront pas revalorisées en 2027, a annoncé samedi le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, sur la chaîne de télévision franceinfo. Cette décision s'inscrit dans le cadre de l'« effort » de 54 milliards d'euros d'économies prévu dans le budget 2027, présenté jeudi par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Un gel des APL présenté comme une économie substantielle
« On ne va évidemment pas les diminuer. En revanche, elles ne seront pas revalorisées l'année prochaine », a déclaré Vincent Jeanbrun, précisant que ces allocations ne suivront pas l'inflation en 2027. Le ministre a justifié cette mesure en affirmant : « On fait des économies. Une économie qui chez nous est substantielle, c'est le fait de geler les APL. »
« On demande un petit effort à tout le monde », a-t-il ajouté, « un peu partout pour essayer de s'en sortir, ce qui permet de dégager des marges de manoeuvre pour d'autres dispositifs ». Cette déclaration intervient alors que le gouvernement cherche à réduire la dépense publique dans un contexte budgétaire tendu.
Une aide moyenne de 219 euros par allocataire
Attribuées sous condition de ressources, les APL sont destinées à financer la location d'une résidence principale et sont versées quasi exclusivement par la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf). En 2020, elles ont atteint 17 milliards d'euros. Selon la Cour des comptes, le montant moyen de l'aide versée mensuellement par allocataire est de 219 euros en 2025.
Cette mesure de gel s'ajoute aux nombreuses rumeurs qui circulent avant la rentrée politique, concernant notamment le gel du RSA et des coupes sur les APL. Le gouvernement a tenté d'éteindre ces rumeurs, mais la confirmation du gel des APL par le ministre du Logement marque une étape concrète dans la mise en œuvre des économies budgétaires annoncées.
Un impact direct sur des millions de Français
Le gel des APL en 2027 signifie que des millions de bénéficiaires verront leur pouvoir d'achat diminuer, l'aide ne suivant pas l'inflation. Cette décision, bien que présentée comme nécessaire pour dégager des marges de manœuvre, pèsera sur les ménages les plus modestes qui dépendent de ces allocations pour se loger.
Alors que le budget 2027 doit encore être examiné par le Parlement, cette annonce suscite déjà des interrogations sur les conséquences sociales d'un tel effort budgétaire. Le gouvernement, lui, assume ce choix en le présentant comme une contribution collective à l'assainissement des finances publiques, dans un contexte où chaque poste de dépense est scruté.



