Lunel Agglo valide le projet SERM mais pointe le financement
Lunel Agglo valide le SERM mais pointe le financement

Le conseil communautaire de Lunel Agglo, réuni jeudi 24 septembre à Saint-Nazaire-de-Pézan, a adopté à l'unanimité le projet de Services express régionaux métropolitains (SERM) Montpellier Méditerranée, porté par la métropole de Montpellier. Ce projet vise à augmenter significativement l'offre de transports entre Nîmes et Sète, avec un objectif de train toutes les 15 minutes, mais son financement reste incertain, comme l'a souligné le vice-président délégué aux mobilités, Loïc Fataccioli.

Un projet ambitieux pour les mobilités

Le dossier des SERM Montpellier Méditerranée a été déposé le 22 juin, avec l'espoir d'une validation par le gouvernement en fin d'année. Loïc Fataccioli a détaillé les ambitions du projet : "Le projet vise à faire face à la saturation des infrastructures routières, à répondre aux enjeux de réduction des émissions de carbone et à mettre en place une vraie alternative à l'autosolisme." Concrètement, il s'agit de multiplier l'offre ferroviaire avec un objectif d'un train toutes les 15 minutes entre Nîmes et Sète, et de développer des réseaux de bus express. Par exemple, au nord de l'Agglo, une ligne relierait Sommières au réseau métropolitain, via Castries, en passant par Boisseron et Saussines.

Des études dès 2027

Le vice-président a également annoncé qu'une étude sera lancée en 2027 pour évaluer la faisabilité d'une ligne express Lunel-aéroport Montpellier-Sud de France, en passant par Mauguio et Saint-Just. Le pôle d'échange multimodal (PEM) de Lunel, déjà saturé notamment dans sa partie parkings, devra être redimensionné. Une étude sera lancée dès 2027, et Loïc Fataccioli a averti Lunel et Lunel-Viel concernant l'impact sur les deux passages à niveau existants : "L'augmentation du trafic va entraîner leur fermeture, des changements de comportements routiers à attendre et quelques millions d'euros d'investissements seront nécessaires."

Le financement, point de blocage

Si les ambitions semblent bien là, le bât blesse sur le volet financement. Les surplus d'investissements dans les mobilités, à horizon 2034, sont estimés à 1,2 milliard d'euros, et les surcoûts d'exploitation à 37 millions d'euros par an. "Le président de Montpellier Métropole souhaite que l'État participe mais pour l'instant ce n'est pas le cas", a déploré Loïc Fataccioli.

Des critiques sur la concertation

Le maire de Lunel-Viel, Fabrice Fenoy, a reproché à Loïc Fataccioli "un manque de concertation et de démocratie", pointant des aspects "flous, manquants ou incohérents" dans le dossier. Il a notamment insisté pour qu'une étude soit lancée sur la réalisation d'un PEM à la gare de Lunel-Viel, et a révélé avoir adressé un projet à l'État et prochainement à la Région. Loïc Fataccioli a répliqué : "Aujourd'hui, il s'agit uniquement d'approuver ou non le projet de Serm. Le dossier manque de maturité, parlons-en." Le président de Lunel Agglo, Jérôme Boisson, a invité les deux élus à se parler.

Un feuilleton qui s'annonce long

Le conseil a également été marqué par les interventions de Stéphane Dalle, ancien premier adjoint, qui a interrogé la maire de Lunel, Paulette Gougeon, sur le déficit de points de collecte du verre en cœur de ville et sur la requalification du boulevard de la République, saturé. Paulette Gougeon a rappelé les discussions difficiles avec la SNCF pour la rétrocession de terrains et espéré la réalisation de la déviation de la RN 113 pour réduire les flux en ville. Le projet SERM s'annonce comme un long feuilleton, de 6 ou 7 ans, avec des enjeux de financement et de concertation encore à résoudre.