Une grève surprise déclenchée par plusieurs syndicats de la SNCF perturbe fortement le trafic ferroviaire en Normandie depuis ce vendredi matin et jusqu'à dimanche soir. Ce mouvement social intervient lors du week-end de chassé-croisé entre les vacanciers de juillet et d'août, une période cruciale pour les départs en congés.
Des perturbations majeures sur les lignes normandes
Selon la SNCF, environ 60% des trains régionaux (TER) sont supprimés sur l'ensemble du réseau normand. Les lignes Paris-Caen-Cherbourg, Paris-Rouen-Le Havre et Paris-Évreux sont particulièrement touchées. Les trains grandes lignes, comme les Intercités, connaissent également des annulations, avec seulement un train sur trois en circulation. Les voyageurs sont invités à reporter leurs déplacements ou à privilégier d'autres modes de transport.
Dans un communiqué, la direction de la SNCF a exprimé ses regrets face à cette situation et indiqué que des bus de substitution ont été mis en place sur certaines liaisons, mais leur capacité est limitée. "Nous mettons tout en œuvre pour minimiser l'impact sur les voyageurs, mais la situation est exceptionnelle", a déclaré un porte-parole de l'entreprise.
Les syndicats dénoncent le manque de moyens
Les syndicats à l'origine de la grève, notamment la CGT et SUD-Rail, dénoncent le manque d'effectifs et de moyens alloués à la région Normandie. Ils estiment que la qualité du service s'est dégradée au fil des années, pénalisant les usagers quotidiens et les touristes. "Nous lançons cet avertissement pour interpeller la direction sur l'état déplorable de certaines lignes, faute d'investissements", a expliqué un représentant syndical lors d'un point presse.
Le mouvement surprise a été décidé après l'échec des dernières négociations sur les conditions de travail et les salaires. Les syndicats réclament une revalorisation des primes et le recrutement de personnel supplémentaire pour la saison estivale.
Un week-end de chassé-croisé sous tension
Ce week-end est traditionnellement l'un des plus chargés de l'année sur les routes et dans les gares, avec le changement de quinzaine des vacances. La SNCF avait prévu un dispositif renforcé, mais la grève a réduit à néant ces préparatifs. Les autorités recommandent aux automobilistes de consulter les prévisions de trafic et d'éviter les heures de pointe.
Les gares normandes, notamment celle de Caen et de Rouen, connaissent une affluence inhabituelle avec des voyageurs cherchant des alternatives. Certains ont dû dormir sur place, faute de trains de nuit. "C'est une galère indescriptible, on nous avait prévenus de rien", témoigne un passager bloqué à la gare de Paris-Saint-Lazare.
Vers une reprise progressive lundi
La SNCF espère un retour à la normale dès lundi matin, sous réserve de la levée du préavis de grève. Les discussions entre la direction et les syndicats doivent reprendre en début de semaine. En attendant, les voyageurs sont invités à se tenir informés via l'application SNCF et les comptes Twitter régionaux.
Ce mouvement social intervient dans un contexte déjà tendu pour la SNCF, qui fait face à de nombreuses critiques sur la ponctualité et la vétusté du matériel roulant. La région Normandie a également annoncé qu'elle saisirait le médiateur de la SNCF pour obtenir des compensations pour les usagers.



