Ce week-end de chassé-croisé, des milliers de voyageurs vont débarquer à la gare de Nîmes-Pont-du-Gard, à Manduel, avant de chercher comment rejoindre le centre-ville, situé à 14 kilomètres. Une gare dont la fréquentation ne cesse d'augmenter, mais qui reste pénalisée par une desserte insuffisante.
Une gare excentrée, des liaisons limitées
Le TGV arrive. Et maintenant, comment rejoindre Nîmes ? Pour les voyageurs qui posent leurs valises ce week-end à Nîmes-Pont-du-Gard, la question peut rapidement se poser. Dans le cadre du grand chassé-croisé estival, la gare va voir défiler des touristes en provenance de Paris, Lille, Bruxelles ou encore Montpellier. Beaucoup pensent être arrivés à destination. Ils découvrent alors une gare posée au milieu des champs, sur les communes de Manduel et de Redessan, à environ 14 kilomètres de Nîmes.
Sur le papier, la liaison avec Nîmes-Centre existe. Dans les faits, elle dépend largement des horaires. Il n'y a qu'un TER dont l'attente peut varier de 10 minutes… à plus d'une heure, selon l'arrivée des TGV. Le bus, lui, peut prendre le relais. La ligne 33 dite 'express Gares', permet de rejoindre le centre-ville en une trentaine de minutes au prix de 2 euros le ticket. Mais là encore, les horaires compliquent le voyage : entre certains passages, le temps d'attente peut monter jusqu'à quatre heures.
Pour ceux qui voyagent avec enfants, valises ou après une longue journée de transport, l'alternative peut alors être le taxi. "Dans le train, on s'était dit qu'une fois arrivés à Nîmes, le plus dur serait fait", raconte Marie, 42 ans, venue de Paris. "On ne s'attendait pas à devoir encore attendre ou prendre un bus pour rejoindre le centre-ville."
Une fréquentation en hausse constante
Pourtant, la gare est loin d'être un échec en matière de fréquentation. Mise en service en décembre 2019, elle a accueilli 405 086 voyageurs en 2020, puis 1 168 501 en 2024. Elle reçoit notamment des TGV à grande vitesse et des Ouigo, faisant de ce site une porte d'entrée importante vers le Gard.
Mais son éloignement continue d'alimenter les critiques. Gérard, 67 ans, venu avec son épouse et leur petite-fille de six ans, ne cache pas son incompréhension : "Je ne comprends pas très bien l'intérêt de cette gare, étant donné qu'il y en a déjà une dans le centre-ville. Et puis, c'est très joli mais il n'y a qu'un seul Relay et un food truck en sortant, c'est un peu décevant…"
La troisième voie toujours dans l'impasse
La solution d'une troisième voie entre Nîmes-Pont-du-Gard et Nîmes-Centre est évoquée depuis la conception de la gare. Le quai existe, l'emplacement a été réservé, mais les rails n'ont jamais été posés. Le projet, estimé à 12 millions d'euros en 2021, reste aujourd'hui au point mort. Début juillet, la présidente de la Région, Carole Delga, a estimé qu'un tel investissement "ne présenterait aucun avantage pour les habitants du territoire". Le maire de Nîmes, Vincent Bouget, a rappelé de son côté que la question de la connexion était posée dès le départ et a assumé avoir "toujours été contre la construction de la gare Nîmes Pont-du-Gard à Manduel".
En attendant une éventuelle évolution, les voyageurs devront donc continuer à anticiper leur arrivée, comme Lucie et Hugo : "Ce n'est pas le plus simple pour rejoindre le centre-ville, mais je pense que c'est à la portée de tout le monde de vérifier des horaires de TER ou de bus sur internet pour préparer son arrivée…" Claire, en revanche, ne dissimule pas son étonnement : "Pour une gare qui porte le nom de Nîmes et du Pont-du-Gard, je trouve étonnant qu'elle soit aussi éloignée de la ville, du pont et qu'il n'y ait pas une liaison directe et régulière."
Ce week-end encore, le TGV déposera ses vacanciers à Nîmes-Pont-du-Gard. Pour beaucoup, les vacances commenceront seulement après avoir réussi à quitter la gare.



