Cour des comptes : contrôle aérien français sous pression sévère
Contrôle aérien français : sévère rapport de la Cour des comptes

La Cour des comptes a rendu un rapport sévère sur le contrôle aérien français, pointant un manque de réactivité et de modernisation. Selon le document publié ce mardi, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) accumule des retards dans ses projets de modernisation, ce qui entraîne des coûts supplémentaires et une efficacité réduite.

Des retards dans les projets de modernisation

Le rapport souligne que le système de contrôle aérien français, géré par la DGAC, souffre de retards significatifs dans la mise en œuvre de ses projets phares. Le programme de modernisation du système de navigation aérienne, appelé 4Flight, a pris du retard, avec des dépassements de budget estimés à plusieurs centaines de millions d'euros. La Cour des comptes note que ces retards compromettent la compétitivité du transport aérien français.

En 2022, la DGAC a enregistré 12,5 millions de vols contrôlés, un chiffre en hausse de 8% par rapport à 2021, mais le nombre d'incidents liés à des pannes techniques a augmenté de 15% sur la même période. Selon le rapport, ces pannes sont souvent dues à un équipement vieillissant.

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Des coûts excessifs pour les compagnies aériennes

La Cour des comptes estime que les compagnies aériennes paient des redevances de navigation aérienne trop élevées en France, en raison de l'inefficacité du système. En 2023, le coût total des redevances pour les compagnies s'élevait à 2,3 milliards d'euros, soit une augmentation de 12% par rapport à 2020. Le rapport compare la France à d'autres pays européens, où les coûts sont parfois inférieurs de 20%.

« La France est l'un des pays où les redevances de navigation aérienne sont les plus élevées en Europe, sans que la qualité du service soit à la hauteur », a déclaré un expert cité dans le rapport. Les compagnies aériennes, comme Air France et Ryanair, ont régulièrement dénoncé ces coûts.

Un manque de personnel et de coordination

Le rapport pointe également un manque de personnel qualifié dans les centres de contrôle. En 2024, la DGAC comptait 3 800 contrôleurs aériens, un chiffre stable depuis 2019, alors que le trafic aérien a augmenté de 10% sur la même période. La Cour des comptes recommande un recrutement accru et une meilleure formation.

La coordination avec les pays voisins est également critiquée. Les retards dans les vols internationaux sont souvent imputables à des problèmes de coordination transfrontalière. En 2023, 18% des retards en Europe étaient liés à des problèmes de contrôle aérien, dont une part importante en France.

Des recommandations pour l'avenir

La Cour des comptes formule plusieurs recommandations pour améliorer la situation. Elle préconise notamment d'accélérer la modernisation des systèmes, de réduire les coûts des redevances et d'améliorer la coordination avec les autres pays européens. Le rapport insiste sur la nécessité de mettre en œuvre ces réformes rapidement pour éviter une dégradation supplémentaire de la compétitivité du transport aérien français.

En réponse, la DGAC a annoncé un plan d'action pour 2025-2027, visant à moderniser les infrastructures et à recruter 200 contrôleurs supplémentaires. Cependant, la Cour des comptes reste sceptique quant à la capacité de la DGAC à respecter ces délais.

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