BMW et sa filiale Mini ont officiellement annoncé qu'ils ne participeront pas au Mondial de l'Auto de Paris en 2024. Cette décision, confirmée par un porte-parole du groupe allemand, marque un nouveau tournant dans la stratégie de communication des constructeurs automobiles, qui délaissent les grands salons traditionnels au profit d'événements plus ciblés et de formats numériques.
Un désengagement progressif
BMW n'est pas un inconnu des désertions : le constructeur avait déjà fait l'impasse sur le salon de Genève en 2020 et 2023. Pour le Mondial de Paris, l'absence était déjà pressentie, mais elle est désormais officielle. Le groupe bavarois estime que les salons généralistes ne correspondent plus à sa stratégie de marque, qui privilégie des lancements de produits plus personnalisés et des expériences client immersives.
Selon le communiqué de BMW, « les salons automobiles traditionnels ne sont plus le meilleur moyen de présenter nos innovations et de dialoguer avec nos clients ». Le groupe préfère se concentrer sur des événements plus petits, comme le BMW Welt à Munich, ou des présentations numériques.
L'impact sur le Mondial de Paris
L'absence de BMW et Mini est un coup dur pour le Mondial de Paris, qui avait déjà perdu des poids lourds comme Volkswagen, Ford ou Nissan lors des éditions précédentes. En 2022, le salon avait attiré environ 400 000 visiteurs, loin des 1,2 million d'entrées de 2018. La tendance est claire : les constructeurs réduisent leur participation aux grands salons, jugés trop coûteux et moins efficaces.
« Le Mondial de Paris doit se réinventer pour rester pertinent », a déclaré un analyste du secteur automobile. « Les marques veulent des interactions plus directes avec leurs clients, et les salons traditionnels peinent à offrir cela. »
Une stratégie numérique et événementielle
BMW mise désormais sur des lancements en ligne, des showrooms virtuels et des événements exclusifs pour ses clients. Le groupe a investi massivement dans la réalité augmentée et la réalité virtuelle pour présenter ses nouveaux modèles. Mini, de son côté, privilégie des pop-up stores et des événements urbains.
Cette stratégie n'est pas propre à BMW : de nombreux constructeurs, comme Mercedes-Benz ou Volvo, ont également réduit leur présence aux salons. Selon une étude récente, 60 % des constructeurs interrogés considèrent que les salons automobiles perdent de leur importance.
Quel avenir pour le Mondial de Paris ?
Les organisateurs du Mondial de Paris tentent de s'adapter en proposant des formats plus interactifs et en attirant des marques non automobiles, comme des start-up de la mobilité. Cependant, la perte de grands noms comme BMW rend la tâche difficile. Le salon parisien devra peut-être se repositionner comme un événement plus grand public ou se spécialiser dans les véhicules électriques et les nouvelles mobilités.
En attendant, les amateurs de BMW et Mini devront se tourner vers d'autres événements, comme le salon de Munich (IAA Mobility) ou les présentations en ligne du constructeur.



