Aéroports : Delafosse défend la rationalisation face à Béziers
Aéroports : Delafosse défend la rationalisation

La question de l'avenir des aéroports de Béziers, Nîmes et Montpellier a de nouveau été abordée lors du conseil de la Métropole de Montpellier, mardi 13 octobre. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, et sa vice-présidente aux mobilités, Julie Frêche, ont réaffirmé leur volonté de rationaliser l'offre aéroportuaire régionale, une position qui suscite l'opposition des élus biterrois.

Un projet de rationalisation contesté

Le projet de liaison de tramway vers l'aéroport de Montpellier, présenté lors de ce conseil, a servi de cadre à la réaffirmation de cette stratégie. Julie Frêche, qui quitte son poste pour devenir sénatrice, a présenté la délibération en soulignant que cette liaison permettra une connexion entre la gare Saint-Roch, épicentre du réseau TER, et l'aéroport. Selon elle, c'est "la condition de la rationalisation et de l'optimisation des trois aéroports de notre territoire". Elle a également évoqué la possibilité de renforcer l'aéroport de Montpellier et de rechercher des complémentarités, notamment la spécialisation de l'aéroport de Nîmes dans la lutte contre les incendies.

Cette position s'inscrit dans la continuité des déclarations de Michaël Delafosse, qui avait déjà évoqué une "rationalisation de l'offre" aéroportuaire avec les aéroports de Béziers et Nîmes. Le maire de Montpellier mise sur une recomposition du paysage aéroportuaire régional, avec un éventuel arrêt des activités de Ryanair dans les deux autres structures, au bénéfice de Montpellier.

La riposte des élus biterrois

Ces propos ont provoqué une sévère réaction de la part de Robert Ménard, maire de Béziers et président de l'aéroport biterrois. Il a déclaré : "Ce qu'on présente comme une rationalisation, c'est en fait la fermeture de notre aéroport au profit de Montpellier. Nous ne l'accepterons pas." Gwendoline Chaudoir, présidente de l'Agglo Hérault Méditerranée et administratrice de l'aéroport de Béziers, a également réagi en affirmant : "Nous ne serons pas les cocus de l'histoire."

Les élus biterrois défendent l'activité économique de leur territoire, qui dépend en partie des touristes acheminés par les airs. Ils voient dans ce projet une menace directe pour l'aéroport de Béziers-Cap-d'Agde.

Les précisions de Delafosse

Face à ces critiques, Michaël Delafosse a apporté des précisions lors du conseil de la Métropole. Il a déclaré : "Le bon aérien, c'est de ne pas être en situation de doublon avec le rail et avec les plateformes aéroportuaires." Il a également évoqué les enjeux touristiques de l'aéroport de Béziers, tout en soulignant que "demain, avec l'arrivée de la LGV, il y aura des éléments de réponse".

Il a insisté sur le fait que "ce travail de rationalisation, ce n'est pas pour faire mal à l'un ou l'autre, c'est comment on conforte la dynamique de ces territoires". Selon lui, si l'aéroport de Montpellier est connecté rapidement à la gare Saint-Roch, cela permettra de rejoindre le RER du littoral, renforçant ainsi l'attractivité de l'ensemble de la région.

Le sujet reste donc brûlant, et il devrait régulièrement revenir dans l'actualité régionale. Les prochaines étapes, notamment l'arrivée de la LGV et les études de prolongation du tramway, seront déterminantes pour l'avenir des trois aéroports.