Tourisme à Lunel : une saison estivale 2026 en net décrochage
Tourisme à Lunel : saison estivale 2026 en net décrochage

La saison estivale 2026 dans le Lunellois restera marquée par un décrochage inédit, selon l’enquête de conjoncture menée de mars à fin août par l’Office de tourisme de Lunel Agglo. La fréquentation de l’Office, cours Gabriel-Péri, accuse un recul de 25 % depuis le 1er mars, avec des chutes de 41 % en juillet et de 24 % en août. Philippe Gendre, directeur de l’Office de tourisme, parle d’une « ère nouvelle » où le dérèglement climatique bouleverse les habitudes des visiteurs.

Un indicateur météo inédit pour expliquer la chute

Pour la première fois, l’Office a ajouté un indicateur « condition météorologique exceptionnelle » à ses statistiques. « On l’a coché tous les jours en juillet et une bonne partie du mois d’août. Or, on s’aperçoit que les jours de canicule, on a pris un bouillon monumental », résume Philippe Gendre. Cette mesure a permis de corréler la baisse de fréquentation avec les épisodes de fortes chaleurs.

Les réservations en locatif via les plateformes, où Airbnb renforce son hégémonie avec 70 % du marché (64 % l’an dernier), ont diminué de 3 % depuis le début de la saison, de 4 % en juillet et de 14 % en août. Le plus frappant reste le basculement de juin : « Jusqu’au mois de mai inclus, nous étions au-dessus de 2025. Puis, en juin, tout a basculé avec – 16 %. Or, réaliser moins de réservations en juin qu’en mai, c’est du jamais vu ! », insiste le directeur.

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Températures et prix du carburant en cause

Pour comprendre ces chiffres, Philippe Gendre a intégré deux paramètres : l’évolution des températures et le prix du litre de gazole. « On constate que les annulations de réservations sont moins importantes qu’en 2025 jusqu’à ce qu’en juin, les températures commencent à monter. On est clairement sur des changements de décision des touristes », explique-t-il. Quant au carburant, 63 % des professionnels interrogés signalent le manque de clientèle étrangère, un « effet carburant » direct.

Malgré la baisse des nuitées, le chiffre d’affaires de l’hébergement a progressé de 3 % grâce à la hausse des prix des locations. Depuis mars, les nuitées ont chuté de 3 %, mais les revenus ont augmenté de 3 %, un bémol substantiel souligné par le directeur.

Activités et restauration en souffrance

La situation est bien plus sombre pour les activités et la restauration. « La totalité des acteurs de ces deux secteurs déplorent une baisse significative », indique Philippe Gendre. Seules les visites guidées de l’Office (+34 % de fréquentation) et les sorties nature du Symbo tirent leur épingle du jeu.

Le taux de satisfaction des professionnels reflète cette morosité : 61 % jugent la saison 2026 « pas satisfaisante », contre 14,7 % en 2025. L’an dernier, ils étaient autant à la juger « assez satisfaisante ».

Un rebond d’arrière-saison attendu

L’arrière-saison pourrait corriger partiellement ces résultats. « En septembre, on note déjà un rebond de visiteurs à l’Office de tourisme car les températures sont moins élevées et on a davantage de seniors qui ont un pouvoir d’achat plus élevé, mais dans une année touristique, juillet et août restent les juges de paix », prévient Philippe Gendre. Il invite à « se poser des questions. Contrairement à ce qu’on pensait, ici, dans le Sud, nous ne sommes pas préparés à des journées à 42° et des nuits à 35°. En tout cas nos visiteurs ne le sont pas. »

L’hôtellerie de plein air a encore tiré son épingle du jeu, avec une fréquentation en hausse moyenne de 5 à 8 % sur cinq ans. « On a de nouveaux campings, plus glamour, avec des activités XXL et des tarifs plus bas que le locatif et plus intéressants que sur le littoral », analyse Philippe Gendre. Par ailleurs, 80 % des visiteurs sont Français, dont 81 % viennent d’Occitanie. Le podium des touristes étrangers reste dominé par les Néerlandais, suivis des Allemands et des Belges, avec une inversion en juillet où les Allemands ont devancé les Néerlandais. L’enquête, menée dans le cadre d’un dispositif départemental, porte sur un panel de 20 professionnels du territoire interrogés mensuellement.

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