Tourisme en Occitanie : les vacanciers plébiscitent les ailes de saison
Tourisme en Occitanie : les vacanciers plébiscitent les ailes de saison

Canicule, Covid-19, budget serré… Pour venir en Occitanie, les vacanciers choisissent désormais les ailes de saison

Une récente étude de l’Insee montre un changement de comportement des vacanciers sur les dix dernières années. Si l’Occitanie reste au 4e ou 5e rang des régions les plus fréquentées en termes de nuitées dans les hébergements collectifs, on y observe un net recul de la fréquentation des hôtels.

L’Occitanie demeure un poids lourd du tourisme en France avec 55 millions de nuitées dans les hébergements collectifs (hôtels, campings et autres hébergements), ce qui la place, selon les années, au 4e ou 5e rang des régions les plus fréquentées. Cependant, une récente étude de l’Insee indique que les habitudes des vacanciers ont évolué en une décennie, entre 2012 et 2024.

« Des facteurs multiples peuvent influer sur l’évolution de la fréquentation touristique. Le réchauffement climatique entraîne une hausse de la fréquence des canicules en été et une baisse de l’enneigement en hiver. Il peut conduire les touristes à modifier leurs choix de destination (vers la façade Atlantique ou le littoral nord qui progresse nettement en juillet et août) ou à décaler la période habituelle de leurs séjours », précise le document de l’institut français de la statistique. L’étude ajoute que « les évolutions dans les choix de consommation peuvent avoir le même type de conséquences. Parallèlement au vieillissement démographique, le tourisme des retraités se développe, particulièrement hors des périodes de congés scolaires ou estivaux. Le Covid a également entraîné des changements durables de comportement ». Les crises économiques successives ont aussi joué un rôle.

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Le boom du camping

Quelles sont les incidences en Occitanie ? Depuis quelques années, la fréquentation touristique augmente tendanciellement moins fortement dans la région (+ 4,5 % entre 2012 et 2024) qu’au niveau national (+ 11 %). Par ailleurs, si cette fréquentation reste majoritaire en juillet et août (multipliée par trois par rapport à la basse saison), la concentration au cœur de l’été tend à s’atténuer du fait d’un fort développement du tourisme d’avant-saison.

« Entre 2012 et 2024, le mois de mai contribue à lui seul à plus de la moitié de la hausse de fréquentation des hébergements collectifs touristiques de la région », poursuit l’Insee. La fréquentation augmente aussi nettement en juin et en septembre, ainsi que, dans une moindre mesure, en avril. La période dite des ailes de saison (avril à juin, puis septembre) pèse ainsi « autant dans la fréquentation de 2024 que chacun des deux mois du cœur de l’été ».

L’évolution de cette saisonnalité est essentiellement portée par les campings. Ouverts entre avril et septembre pour la plupart, ils sont le mode d’hébergement privilégié en région, représentant la moitié des nuitées annuelles. « Leur fréquentation augmente de 19 % entre 2012 et 2024, une hausse portée par le littoral qui concentre les deux tiers de la fréquentation régionale en camping. L’Occitanie est ainsi la deuxième région la plus fréquentée en 2024 pour les campings, derrière la Nouvelle-Aquitaine », indique encore cette étude.

Ce sont principalement les emplacements de camping équipés, c’est-à-dire loués avec un hébergement léger déjà installé (chalet, bungalow ou mobil-home), qui sont plébiscités. En 2024, 50 % des emplacements de la région en étaient équipés, contre 33 % en 2012.

L’hôtellerie fait grise mine

Si le camping a le vent en poupe, l’hôtellerie fait grise mine. L’Occitanie est la seule région où la fréquentation des hôtels recule entre 2012 et 2024. Une baisse de 5 % qui s’explique notamment par la chute de l’activité à Lourdes depuis 2013 et la crue du Gave de Pau. Mais il y a aussi le tourisme d’affaires qui a souffert de la crise du Covid-19 ; l’essor des réunions à distance semble avoir changé les habitudes des entreprises qui, soucieuses de développer une politique RSE, limitent désormais les déplacements de leurs salariés. Alors que ce secteur représentait 42 % des nuitées hôtelières en Occitanie en 2019, il est passé à 32 % en 2024.

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La désaffection des hôtels traditionnels s’explique aussi par l’essor des plateformes telles Airbnb ou HomeAway. En 2024, 178 000 logements, représentant environ 886 000 lits, étaient ainsi proposés, ce qui a conduit en cinq ans à une hausse de 57 % de leur fréquentation. Autant de nouvelles données à prendre en compte pour préserver un secteur économique majeur en Occitanie. Il pèse 15,9 milliards d’euros, soit 10 % du PIB régional et quelque 125 000 emplois.