Christophe Le Fur, l'accordéoniste emblématique d'Antibes
Christophe Le Fur, accordéoniste emblématique d'Antibes

Christophe Le Fur, connu sous le surnom de « Gavroche », est devenu une figure emblématique du vieil Antibes. Chaque jour, béret vissé sur la tête et marinière bleu marine, il arpente les rues de la ville, accordéon sous le bras, et interprète des classiques de la chanson française. Son style typiquement français et sa voix captivent les passants, faisant de lui un élément incontournable du décor local.

Un musicien installé à Antibes depuis plus de 15 ans

Originaire de Paris, Christophe Le Fur a quitté la capitale à 25 ans avec un projet insolite : faire le tour de France des villes balnéaires avec son accordéon. De Collioure à Noirmoutier, en passant par Saint-Jean-de-Luz, il a traversé l'Hexagone avant de poser ses valises sur la Côte d'Azur en 2011. « Le nom d'Antibes me faisait penser aux Antilles, ça sonnait comme les vacances. J'ai vu le Fort Carré, les fortifications, les petites rues pavées… J'ai tout de suite été charmé », se souvient-il. Depuis, il est installé dans la ville, où il a rencontré sa femme et a eu deux enfants, Léon et Daphné.

Son arrivée à Antibes a été motivée par un coup de cœur immédiat pour la ville. « Voilà 7 ans que je suis installé ici », confie-t-il, bien que l'article précise qu'il est là depuis plus de 15 ans. Cette contradiction apparente n'enlève rien à son attachement pour la cité des remparts.

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Un répertoire entre variété française et jazz manouche

Christophe Le Fur interprète quotidiennement des airs familiers comme « À bicyclette », « Les P'tites Femmes de Pigalle » ou encore « La Mer ». Mais son répertoire ne se limite pas aux classiques de la variété. « Pour être honnête, je ne suis pas un grand consommateur de chanson française moderne. Ce qui me passionne vraiment, c'est le jazz — et sur la Côte d'Azur, avec tous les festivals, on est particulièrement gâtés ! J'écoute beaucoup les figures majeures de l'accordéon, comme Richard Galliano, Vincent Peirani, Marc Berthoumieux, ou encore Félicien Brut, dans le registre classique », explique-t-il.

Cette passion pour le jazz se concrétise en groupe. L'artiste se produit au sein de Barthalo (« chanceux » en romani), une formation aux sonorités jazz manouche. « On répète souvent face à la mer, sur les remparts d'Antibes, ça nous inspire ! On a enregistré un disque avec une vingtaine de titres, en cours de masterisation. J'ai pu écouter le rendu, c'est plutôt chouette », précise-t-il.

Une popularité qui dépasse les frontières

La popularité de Christophe Le Fur ne se limite pas à Antibes. Grâce aux réseaux sociaux, il est connu jusqu'en Australie ou aux États-Unis. « Des gens du monde entier viennent et me disent “Nous vous avons vu sur Internet” », raconte-t-il. Des vidéos de ses performances cumulent des milliers de vues sur Instagram et Facebook.

Cette notoriété a cependant des contraintes. « En général, je suis très bien accueilli par les touristes et les commerçants. Les anecdotes négatives restent très rares », confie-t-il. La vraie difficulté réside dans son impossibilité à être incognito en ville, même en famille. Son fils Léon hésite souvent à l'accompagner, pour éviter « cette parade de bonjours à chaque coin de rue ». La popularité s'invite même à l'école : « Un jour, la maîtresse de mon fils a dû fermer la fenêtre, car on m'entendait depuis sa classe. Léon savait très bien que c'était son papa qui chantait ! »

Un amour réciproque avec la ville

Les commerçants et les clients sont ravis de sa présence. « J'adore sa voix et son style. Pour moi, il fait totalement partie du décor et du charme d'Antibes. C'est la carte postale vivante de la ville », s'enthousiasme une touriste venue d'Afrique du Sud, assise à la terrasse du restaurant Chez Jules. Pour Florent Corsini, le gérant du restaurant, avoir un artiste comme Christophe qui se produit devant son établissement est une aubaine : « Quand il commence à jouer, les tables se remplissent ! »

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Christophe Le Fur apprécie particulièrement la liberté que lui offre la rue. « Ce que j'adore dans la rue, c'est la liberté totale », confie-t-il. « Si les clients d'une terrasse sont réceptifs, je m'éclate ; si l'ambiance ne prend pas, je change de spot. La musique résonne si bien dans ces petites ruelles ! », conclut le « Gavroche » des remparts.