Le 10 mai 2006, un multiplexe de sept salles ouvrait ses portes dans le parc Atlantique-Les Coteaux à Saintes. Cet équipement est devenu le premier maillon du groupe Cinéwest, fondé par Daniel Taillandier, alors patron du E.Leclerc voisin et exploitant de l'Olympia.
Un anniversaire célébré en grande pompe
Ce samedi 2 mai 2026, un défilé de mode se tient dans la salle de projection numéro 1 de l'Atlantic Ciné. Dans quarante-cinq minutes, le film « Le Diable s'habille en Prada 2 » sera projeté sur un écran qui vient de gagner 1,50 mètre de large, l'un des derniers investissements du complexe. Sur scène, Amélie Degenne, agent administratif et d'accueil, répète avec les mannequins de Caroline Hot, créatrice de robes et chapelière de Créa & Boutique, de Saintes.
Le lendemain, dimanche 3 mai, le cheval Peyo et son cavalier Hassen Bouchakour accompagnent la projection du documentaire sur la fin de vie, « À demain sur la lune ». Les événements se succèdent au rythme des projections.
Un groupe en expansion
Ce dimanche 10 mai, l'équipe de l'Atlantic Ciné fêtera les 20 ans de son ouverture dans le parc des Coteaux. Derrière la naissance d'Atlantic Ciné se trouve Daniel Taillandier, alors patron du E.Leclerc voisin et exploitant du cinéma Olympia, avenue Gambetta, de 2004 à septembre 2007. Sans que cela soit prévu à ce moment-là, ce passionné de cinéma posera la première pierre de l'édifice Cinéwest, qui ne s'est pas contenté de rester à l'ouest de la France. Le groupe a fait des échappées à l'est en s'implantant à Nevers (Nièvre) et Mougins (Alpes-Maritimes). Aujourd'hui, le groupe compte 13 cinémas (86 salles) en France, dont ceux de Cognac et de Royan, où se trouve le siège.
Des animations pour tous
Toute une série de temps forts vont jalonner les semaines à venir, dont la venue de Coyote Minute. La compagnie saintaise jouera dimanche 31 mai « La Metro Goldwin Mayer ». Pour ses 20 ans, l'Atlantic Ciné prendra l'air cet été avec une projection du « Marsupilami », sur le site de l'ancien hôpital Saint-Louis. Le film sera offert avec un petit best-of du Film bricolé en guise d'apéro rigolo.
Modernisation et investissements
À ses débuts, le complexe saintais comptait sept salles. Il est passé à huit en 2014, en même temps qu'était créée une salle de réception pour les réalisateurs et acteurs présents aux avant-premières. Cette année 2026 marque la fin du déploiement des projecteurs laser dans les huit salles. Soit 500 000 euros pour « une image plus stable » et une projection « plus sobre en énergie », décrit Mehdi Kihel, directeur depuis seize ans. Chaque année, l'établissement investit pour améliorer « l'expérience cinéma » mais aussi son environnement : « On a changé toutes les toilettes. C'était un point négatif. »
Une programmation diversifiée
Chef d'orchestre de la programmation, Mehdi Kihel travaille une grille entre évidences commerciales et coups de cœur. Il a ainsi la liberté de proposer des films engagés comme « Muganga - celui qui soigne » ou « La Vague », autant de temps qu'il veut. « Je veux laisser la possibilité aux Saintais de voir les films. » Sans oublier les documentaires qui piquent sa curiosité comme « Compostez-moi » qu'il a programmé sur une suggestion de l'association Ensemble autour de la mort.
Une entente avec le Gallia cinéma
Depuis vingt ans, un accord tacite lie le Gallia cinéma, orienté arts et essais en centre-ville, et le grand complexe de périphérie. « Les programmations sont discutées ensemble. Les Almodovar par exemple sortent en premier au Gallia cinéma et viennent ensuite chez nous », illustre le directeur. Et ainsi vont les ajustements pour les films que les deux établissements culturels lorgnent. « Dans la pratique, ça a un réel intérêt pour les Saintais », est convaincu Mehdi Kihel.
À l'échelle du groupe Cinéwest, même ligne de conduite. « Où il y a de l'art et essai, on n'empiète pas », rappelle Daniel Taillandier. « Dans les villes où nous sommes tout seuls, nous programmons le cinéma d'art et d'essai. C'est le cas pour neuf de nos treize cinémas. En France, c'est 20 % des entrées. »
Informations pratiques
« La Metro Goldwin Mayer », de la compagnie Coyote Minute, sera joué à l'Atlantic Ciné dimanche 31 mai à 14 h 30 et 16 h 30. Entrée : 5 €. Tél. 05 46 92 49 60.
Une année 2025 difficile
Comme pour l'ensemble des cinémas en France, l'Atlantic Ciné a connu une année 2025 « catastrophique ». La fréquentation est tombée à 254 869 spectateurs contre 288 000 en 2024. « L'offre de films a été moins importante, la météo de l'été n'a pas aidé », analyse Mehdi Kihel. Le directeur est plus optimiste pour 2026. « Nous sommes à plus 20 % en ce début d'année grâce à des films comme « Le Marsupilami », « Super Mario », « La Femme de ménage », « Gourou », « Le Chant des forêts ». » Mehdi Kihel se réjouit du retour de « gros films » comme « La Bataille de Gaulle ».



