Alors que les Français accordent une importance croissante à la pratique sportive durant leurs vacances, l'Aveyron s'impose comme une destination de choix pour les activités de pleine nature. Selon une étude de l'Ifop, près d'un Français sur deux (46 %) considère que la possibilité de pratiquer des activités de plein air influence le choix d'une destination de vacances. Pour les territoires, c'est un signe d'immense potentiel d'attractivité.
Un département tourné vers les sports de nature
Sans métropole ni littoral, l'Aveyron a depuis longtemps identifié ce potentiel pour drainer un flux touristique. Ses paysages de causses et de rivières offrent un cadre propice à la randonnée, au cyclisme, au canoë-kayak, au trail, à l'escalade, au canyoning et à bien d'autres sports de pleine nature. Stéphane Iches, directeur de la base de loisirs de Najac, confirme : « Cela fait pleinement partie de l'offre touristique du département. Les hébergeurs comptent notamment sur nous pour attirer du monde. »
Millau, capitale des sports de pleine nature
Millau se présente comme la capitale des sports de pleine nature, avec des événements comme les Natural Games, le Festival des templiers ou les 100 kilomètres de Millau. L'agence départementale Aveyron attractivité tourisme nuance : « Si Millau est indéniablement une, si ce n'est la capitale française des activités de pleine nature, c'est bien l'ensemble du département qui s'est résolument tourné vers ces activités. » Elle comptabilise près de 80 trails sur le sol aveyronnais, sans compter la randonnée, activité la plus pratiquée par le public sportif (84 % des cas). Les chemins de grande randonnée, notamment la Via podiensis vers Saint-Jacques-de-Compostelle, attirent de nombreux marcheurs.
250 professionnels et une clientèle en évolution
L'agence départementale dénombre 250 prestataires touristiques proposant des sports, loisirs ou activités de pleine nature. Valentin Grollemund, ancien kayakiste professionnel reconverti en moniteur, observe un changement de clientèle : « Il y a un intérêt croissant. Avant, on rencontrait surtout des sportifs avertis, aujourd'hui, c'est vraiment monsieur tout le monde. » Cette évolution est liée aux modes de vie sédentaires : les CSP+ et professions intermédiaires représentent 40 % de la clientèle des sports de pleine nature en Aveyron.
Impact du Covid et motivation principale
La crise sanitaire a renforcé le besoin de se reconnecter à la nature. Selon Aveyron tourisme, la motivation principale des pratiquants est l'envie de profiter de la nature. Cependant, le contexte économique incertain pèse sur les réservations. Valentin Grollemund s'inquiète : « En termes de réservations, à part pour les groupes, on a peu de visibilité. Les gens attendent le dernier moment car ils ont peu de marge. Forcément, cela nous inquiète car on reste une dépense de loisirs. » Malgré tout, les acteurs touristiques restent confiants quant à l'attractivité de l'Aveyron.
Le changement climatique, un défi à venir
Les évolutions climatiques pourraient bousculer le secteur dans les années à venir. L'Aveyron, avec son climat tempéré, est encore épargné, mais les activités aquatiques sont menacées. Stéphane Iches explique : « Sur les quinze derniers jours d'août, on n'est pas certains que le niveau d'eau sera suffisant pour naviguer en canoë. Il faut être prudent et prioriser l'environnement à l'activité économique. » Pour le canyoning, l'impact est moindre, mais il faut sensibiliser les touristes aux bons comportements en rivière. Les fortes chaleurs affectent aussi les activités hors de l'eau en début d'après-midi. Malgré ces défis, l'engouement pour les sports de pleine nature en Aveyron ne se dément pas, attirant chaque été des milliers de kayakistes, grimpeurs et randonneurs.



