Dans son nouveau roman, la romancière Brina Svit nous entraîne à Buenos Aires, où le tango devient une métaphore de la mémoire et de l'exil. Ce livre, intitulé Dernier tango à Buenos Aires, est une plongée dans les souvenirs d'une femme qui a fui l'Europe de l'Est pour l'Argentine.
Un roman sur l'exil et la mémoire
Brina Svit, d'origine slovène, écrit en français et vit à Paris. Son œuvre est marquée par les thèmes de l'identité et du déracinement. Dans ce nouveau récit, elle suit le personnage d'Ana, une danseuse de tango qui, des décennies après avoir quitté son pays, retourne à Buenos Aires pour retrouver les traces de son passé.
Le roman entrelace plusieurs temporalités : l'époque de la dictature argentine des années 1970, où le tango était un refuge pour les opposants, et le présent, où Ana doit faire face à une ville transformée. L'auteure utilise la danse comme fil conducteur pour explorer les non-dits de l'histoire familiale.
Une écriture sensuelle et précise
Le style de Brina Svit est souvent salué pour sa sensualité et sa précision. Dans ce roman, elle décrit avec minutie les gestes du tango, les frottements des corps, la mélancolie des bandonéons. Selon un critique du Monde, « Brina Svit signe ici son livre le plus abouti, où la danse devient une écriture du corps ».
L'auteure s'est inspirée de ses propres voyages à Buenos Aires et de ses rencontres avec des danseurs. Elle confie dans une interview que « le tango est une façon de parler de la perte et de l'oubli, mais aussi de la transmission ».
Un écho à la situation des migrants
Au-delà de l'histoire personnelle d'Ana, le roman résonne avec les migrations contemporaines. Brina Svit évoque la difficulté de vivre entre deux cultures, de porter en soi une langue maternelle que l'on n'utilise plus. Elle aborde également la question de la mémoire historique, en rappelant les disparitions de la dictature argentine.
Le livre, publié aux éditions de l'Olivier, compte 240 pages. Il a reçu un accueil enthousiaste de la critique, qui y voit une œuvre majeure de la rentrée littéraire.
Un auteur reconnu
Née en 1952 à Ljubljana, Brina Svit a publié une dizaine de romans, dont Un jour, je partirai (2009) et Petit éloge de la nuit (2012). Elle a également été traduite dans de nombreuses langues. Son œuvre explore les thèmes de l'exil, de la mémoire et de l'identité, souvent à travers le prisme de l'art.
Dans Dernier tango à Buenos Aires, elle atteint une maturité stylistique remarquable, mêlant habilement le politique et l'intime. Ce roman est une invitation à la danse, mais aussi à la réflexion sur ce que nous laissons derrière nous.



