Chaque été, des agents d'accueil et de sécurité de la mairie de la Roque-sur-Cèze surveillent les cascades du Sautadet, un site touristique du Gard où la baignade est officiellement interdite en raison des marmites qui peuvent aspirer les baigneurs sous l'eau. Malgré les panneaux, de nombreux visiteurs tentent de s'y baigner, et les agents doivent être constamment vigilants pour prévenir les accidents.
Une surveillance quotidienne de 12h à 19h30
Depuis le 1er juin et jusqu'au 31 août, les agents municipaux assurent une présence continue sur le site. Ilyasse, 19 ans, agent d'accueil et de sécurité, explique : « Il y a plusieurs panneaux où il est inscrit "baignade interdite", mais les gens ne font pas attention, il faut être vigilant tout le temps. » Il est habituellement accompagné d'un collègue, car « il faut toujours être au moins deux. L'un s'occupe de la rive gauche et l'autre de la rive droite. Puis, on est chacun équipé d'un talkie-walkie pour se joindre en cas de problème. »
Cet après-midi-là, Ilyasse est épaulé par Jimmy, agent de surveillance de la voie publique (ASVP) pour la Ville, qui remplace son binôme habituel, blessé. Jimmy précise : « Généralement, je fais plutôt des rondes dans le village, mais je garde toujours une relation avec Ilyasse. Je représente les autorités si besoin. Puis aujourd'hui, comme il est seul, je surveille les cascades à ses côtés. »
Prévention et rappels à l'ordre
Les agents ne se contentent pas de surveiller : ils informent aussi les touristes sur les zones autorisées pour la baignade et les sauts. « Si on fait beaucoup de repérage et de prévention, on fait aussi de l'accueil. On indique aux touristes les meilleurs endroits pour se baigner et où il est possible de sauter par exemple », explique Ilyasse. Ils veillent également au respect des règles, comme l'interdiction de fumer ou de jeter des déchets.
Quelques minutes après avoir interpellé un couple qui traversait les cascades par les rochers, Ilyasse aperçoit d'autres baigneurs dans la zone interdite. « Aujourd'hui, ils nous écoutent. Ils sortent de l'eau, dès qu'ils entendent le coup de sifflet. Mais quelques fois, certains ne veulent rien entendre et nous sommes obligés d'appeler la gendarmerie », soulignent les deux agents.
Sauts surveillés et fumeurs rappelés à l'ordre
Un peu plus loin, des jeunes cherchent les rochers les plus hauts pour sauter. Ilyasse les prévient : « Entre 8 et 9 mètres ici, mais attention, pas de figure, pas de plongeon. On saute en bouteille. » Jimmy ajoute : « On tolère les sauts quand ils se font dans la zone de baignade autorisée. Mais on leur dit de vérifier qu'il n'y ait pas de rochers en dessous. On est aussi extrêmement vigilants au niveau des sauts. »
Sur la plage, les agents sont également attentifs aux fumeurs. « Chaque jour, on en trouve quelques-uns. On leur demande d'éteindre immédiatement leur cigarette. Il y a beaucoup de végétation à côté. Il suffit de pas grand-chose pour que tout brûle, surtout en cette période », explique Ilyasse. Ce jour-là, aucun fumeur n'est présent, ce qui est « une exception » selon lui.
Une collaboration entre la mairie et le camping
Cette surveillance est rendue possible grâce à une convention signée entre la mairie et le camping des Cascades, dirigé par Gilles Rigole. L'année dernière, le camping avait installé des barbelés pour empêcher les touristes d'emprunter un chemin privé. Cette année, la convention permet de rouvrir la rive droite au public. « La majeure partie de la rive droite appartient au camping. Cette année, nous avons signé une convention avec la nouvelle mairie pour rouvrir la rive droite », explique Gilles Rigole.
L'objectif est de permettre aux cascades d'accueillir à nouveau les touristes, entre 1000 et 2000 par jour. « Dans cette convention, j'autorise les touristes à emprunter cette partie de la rive qui m'appartient, mais la mairie en prend la responsabilité en termes d'assurances. Ils gèrent la sécurité, le risque incendie, les accidents et les déchets », ajoute-t-il. L'idée est de faire une année test avant de décider de l'avenir du site.
Sébastien Guaquière, premier adjoint à la mairie de la Roque-sur-Cèze, souligne les difficultés budgétaires : « Nous avons des finances pour une commune de 170 habitants, alors qu'on accueille 250 000 visiteurs avec la période estivale. Nous aimerions avoir des aides pour gérer les flux touristiques. On souhaiterait avoir un surclassement de village touristique. »



