Golfech : le réacteur 2 de nouveau arrêté, la Garonne trop chaude
Golfech : le réacteur 2 de nouveau arrêté, la Garonne trop chaude

Le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfech, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Toulouse, a été de nouveau arrêté samedi 8 août 2026 à 21h00, moins de 24 heures après son redémarrage vendredi. EDF a justifié cette décision par la montée de la température de la Garonne, qui devrait atteindre 28°C ce dimanche 9 août, seuil réglementaire imposant une modulation de puissance ou un arrêt temporaire du réacteur.

Une réglementation stricte pour protéger le fleuve

La réglementation en vigueur exige en effet qu'EDF réduise la puissance ou stoppe temporairement les réacteurs de Golfech lorsque la température moyenne journalière de la Garonne dépasse 28°C. Le site y rejette ses eaux de refroidissement à une température déjà légèrement supérieure à celle du fleuve, ce qui rend nécessaire cette mesure pour ne pas aggraver l'impact thermique sur l'écosystème aquatique.

Dans son communiqué, EDF précise que « les conditions climatiques de ces derniers jours ont entraîné une montée importante de la température de la Garonne qui devrait atteindre 28°C, ce dimanche 9 août 2026 ». Pour respecter la réglementation, l'unité de production n°2 a donc été mise à l'arrêt par anticipation. Le réacteur n°1, quant à lui, est déjà à l'arrêt pour maintenance et remplacement du combustible.

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Quatrième arrêt de l'été pour cause de chaleur

Cet arrêt est le quatrième depuis le début de l'été en raison des fortes chaleurs. Le réacteur 2 avait redémarré vendredi 7 août, après avoir été arrêté le 29 juillet. Bien que la température de la Garonne soit redescendue sous la barre des 28°C dès le 31 juillet, le réacteur était resté à l'arrêt jusqu'à vendredi, non pas à cause de la chaleur, mais en raison de « l'indisponibilité d'un système nécessaire à l'alimentation en eau des générateurs de vapeur », selon EDF.

Cette nouvelle interruption intervient alors que la France connaît une vague de chaleur intense, avec des températures dépassant souvent les 35°C dans le sud-ouest. Les épisodes de canicule se multiplient, mettant à rude épreuve les infrastructures énergétiques, notamment les centrales nucléaires qui dépendent de l'eau des rivières pour leur refroidissement.

Impact sur la production électrique et le réseau

L'arrêt du réacteur 2 réduit la capacité de production de la centrale de Golfech, qui compte deux réacteurs de 1 300 mégawatts chacun. Avec le réacteur 1 à l'arrêt pour maintenance, la centrale est désormais totalement à l'arrêt, privant le réseau électrique d'environ 2 600 mégawatts, soit l'équivalent de la consommation de deux grandes villes comme Toulouse.

Cette situation pourrait entraîner des tensions sur le réseau électrique, surtout en période de forte demande due à la climatisation. EDF assure toutefois que la production sera compensée par d'autres moyens de production, notamment les centrales hydrauliques et les importations d'électricité.

La centrale de Golfech, mise en service en 1990, est exploitée par EDF. Elle emploie environ 700 salariés et contribue significativement à la production électrique de la région Occitanie. Les arrêts répétés en période de canicule posent la question de l'adaptation du parc nucléaire français au changement climatique, alors que les épisodes de chaleur extrême devraient devenir plus fréquents et plus intenses.

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