Tebas: «L'ère Infantino est terminée»
Tebas: «L'ère Infantino est terminée»

Dans une interview retentissante, le président de la Liga espagnole, Javier Tebas, a affirmé que « l'ère Infantino est terminée », en référence au président de la FIFA, Gianni Infantino. Cette déclaration, publiée dimanche 9 août 2026, marque une escalade dans les tensions entre les instances du football européen et la gouvernance mondiale du sport.

Un constat sans appel

Pour Tebas, la gestion d'Infantino a conduit à une dérive autoritaire et opaque. Il dénonce notamment la concentration des pouvoirs et l'absence de contre-pouvoirs au sein de la FIFA. Selon lui, les récentes décisions, comme l'augmentation du nombre de clubs à la Coupe du monde des clubs, ont été prises sans consultation adéquate des ligues nationales.

« Nous ne pouvons plus accepter que les décisions soient prises unilatéralement, sans transparence ni débat démocratique », a déclaré Tebas dans des propos rapportés par le quotidien espagnol Marca. Il appelle à une réforme en profondeur de l'instance mondiale, afin de restaurer la confiance des acteurs du football.

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Un calendrier chargé

Cette sortie intervient alors que la FIFA s'apprête à lancer sa nouvelle Coupe du monde des clubs, prévue en 2025, qui a suscité de vives critiques de la part des ligues et des syndicats de joueurs. Tebas a rappelé que la Liga avait déjà déposé plainte auprès de la Commission européenne contre cette compétition, estimant qu'elle nuisait à l'équilibre des calendriers.

« Nous avons des preuves que cette compétition est préjudiciable aux championnats nationaux. Les joueurs sont surchargés, et les clubs risquent de perdre des revenus importants », a-t-il ajouté. La Liga, avec d'autres ligues européennes, a également contesté le calendrier international, qui prévoit une trêve hivernale prolongée pour la Coupe du monde 2026.

Vers une alternative ?

Certains observateurs voient dans ces critiques un prélude à la création d'une ligue européenne dissidente, ou à un renforcement du rôle de l'UEFA face à la FIFA. Tebas, pour sa part, ne ferme aucune porte, mais insiste sur la nécessité d'une « gouvernance collégiale ».

« Il ne s'agit pas de faire sécession, mais de réformer de l'intérieur. Nous devons trouver un équilibre entre les intérêts des ligues, des clubs, des joueurs et des fédérations », a-t-il expliqué. Il a également évoqué la possibilité de soutenir un candidat alternatif à la présidence de la FIFA, si les conditions d'une candidature crédible se présentaient.

« L'ère Infantino est terminée, mais il faut préparer l'après. Nous devons être prêts à proposer une vision nouvelle, basée sur la transparence et le respect des institutions », a conclu Tebas.

Réactions contrastées

Du côté de la FIFA, on a réagi avec prudence, rappelant que le président Infantino a été réélu en 2023 avec un large soutien des fédérations. Un porte-parole a souligné les progrès accomplis en matière de développement du football mondial, notamment dans les pays émergents.

Mais pour Tebas, ces arguments ne suffisent pas. « Le développement ne justifie pas l'absence de démocratie. Les fédérations doivent avoir leur mot à dire, et pas seulement les dirigeants », a-t-il rétorqué. La bataille pour la gouvernance du football mondial semble loin d'être terminée.

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