Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a estimé dimanche 13 septembre qu’il n’était « pas illogique » de demander un effort aux retraités dans le cadre de la préparation du budget 2027. Il a également appelé à ouvrir le débat sur de nouvelles modalités de revalorisation des pensions, alors que le gouvernement cherche à réaliser environ 30 milliards d’euros d’économies l’an prochain.
Un effort jugé nécessaire mais à définir
Intervenant sur Europe 1/CNews, le ministre a déclaré que faire contribuer les retraités « ce n’est pas une bonne idée, mais ça peut être une nécessité ». Il a poursuivi : « Il n’est pas anormal, il n’est pas illogique, de faire appel à un effort des retraités. »
Jean-Pierre Farandou a toutefois précisé qu’il fallait « déterminer quels retraités et quelle nature d’effort », tout en assurant qu’il ne « s’avancerait pas sur les seuils ». Le gouvernement examine plusieurs pistes pour réduire les dépenses, et les retraites figurent parmi les options étudiées.
Un choix entre indexation et abattement fiscal
Vendredi, le ministre du Budget, David Amiel, avait souligné qu’il faudrait choisir entre l’indexation des pensions sur l’inflation et le maintien de l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. Selon son cabinet, « si l’on veut réduire le déficit, il faut réaliser au moins 6 milliards d’euros d’économies sur les pensions de retraite de base en 2027 ».
Face à la sensibilité du sujet, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a confié aux ministres du Budget, du Travail et des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, le soin de consulter les groupes politiques au Parlement. Interrogé sur ces consultations, M. Farandou a indiqué : « Il faut laisser faire le ’process’, on verra bien ce qu’il va arriver », sans détailler les pistes avancées par son homologue du Budget.
Pas de baisse des retraites, mais une revalorisation négociée
Le ministre du Travail a tenu à rassurer : « Qu’on soit très clair, aucune retraite ne sera réduite l’année prochaine. On parle de combien on réévalue. » Il a également exprimé son opposition à la désindexation, affirmant : « La désindexation, je n’aime pas. »
Jean-Pierre Farandou a par ailleurs plaidé pour que la revalorisation des retraites fasse l’objet d’une négociation annuelle avec les partenaires sociaux, sur le modèle des retraites complémentaires. « Ce que je mets au débat, c’est de traiter justement la revalorisation des retraites comme les salaires par une négociation annuelle de revalorisation », a-t-il expliqué, tout en précisant que « la responsabilité resterait à l’État ».



