Centrale hydroélectrique de Montahut : 35 M€ pour un outil clé du réseau
Centrale Montahut : 35 M€ pour un outil clé du réseau

Au nord-ouest de l'Hérault, sous 80 mètres de roche, la centrale hydroélectrique souterraine de Montahut, dans le massif du Caroux, est un outil d'importance nationale pour l'équilibre du réseau électrique français. EDF y investit 35 millions d'euros pour accroître sa puissance, passant de 90 à 96 MW, soit une augmentation de 6,7 %, et économiser 3 % d'eau. Ce chantier pilote, qui dure depuis cinq ans, doit s'achever fin 2026.

Un site stratégique enfoui sous la roche

La centrale de Montahut, raccordée au réseau 250 000 V de RTE via deux lignes vers l'Aveyron et Béziers, permet d'assurer l'équilibre entre consommation et production. Selon Christophe Cortie, directeur EDF Hydro pour le secteur Tarn-Agout, c'est une usine d'importance nationale. En trois minutes, pilotée depuis Toulouse, elle livre 100 MW aux heures de pointe, souvent plusieurs fois par jour. Elle assure aussi l'ajustement de fréquence et de tension, apportant de la fluidité au réseau.

Un chantier invisible de 35 millions d'euros

Les travaux ont été rendus possibles par une loi votée le 17 juin 2025 à l'Assemblée nationale, qui accorde des droits réels aux exploitants pour soixante-dix ans, permettant à EDF d'investir 4,5 milliards d'euros dans son parc hydroélectrique. À Montahut, les équipes ont presque tout changé : les roues des turbines, les rotors (80 tonnes) et les stators (40 tonnes) des alternateurs, les équipements électriques, et 15 kilomètres de galerie. La conduite forcée de 1,6 km de long et 2 mètres de diamètre a été délestée de 70 tonnes de peinture amiantée, et des ouvriers la repeignent au pinceau.

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Un site pilote et bêta testeur

Benoît Peccol, directeur de la centrale, souligne que Montahut a toujours été un lieu d'essais et d'expérimentations : « On est des bêta testeurs ! » Le groupe n°2 a été livré il y a deux ans, et le groupe n°1 est en cours depuis l'arrêt de la production après l'hiver. Les pièces du rotor n°1 sont arrivées de Croatie, et le stator neuf a été installé la semaine passée. « On a énormément gagné en temps par rapport aux mêmes opérations sur le groupe n°2. On a appris beaucoup, et ce retour d'expérience va servir d'autres projets », ajoute Peccol.

Un contexte de relance des investissements hydroélectriques

Ce chantier est rendu possible par un accord entre la France et l'Union européenne, après dix ans de conflit sur le monopole d'EDF. La loi du 17 juin 2025 ouvre la voie à des investissements majeurs. Le plus ambitieux projet d'EDF est à Montézic, en Lozère, où la puissance de la centrale de pompage sera multipliée par un et demi d'ici 2035, atteignant 1 386 MW, pour un investissement de 500 millions d'euros. Montézic II ajoutera deux turbopompes dans une nouvelle cavité, alimentée par un puits de 335 mètres et une galerie de 820 mètres.

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