Le constructeur automobile BMW a annoncé un plan de départs volontaires visant à supprimer environ 8 000 postes administratifs en Allemagne d'ici la fin de l'année 2027. Ce programme, qui concerne quelque 40 000 salariés hors production sur un total de 85 000, sera lancé dès le mois d'octobre. La décision intervient alors que le groupe subit de plein fouet l'effondrement de son premier marché, la Chine, où ses livraisons ont chuté de 30 % au deuxième trimestre.
Un plan négocié avec les syndicats
Selon une source interne à BMW, le plan a été conclu après environ six semaines de négociations entre la direction et les représentants du personnel. Il repose exclusivement sur des départs volontaires, le turnover naturel et des dispositifs de préretraite à temps partiel, sans remise en cause des accords collectifs. Horst Ott, directeur régional du syndicat IG Metall en Bavière, a salué cet accord dans un communiqué transmis à l'AFP, soulignant que "le plan reposait sur des départs volontaires, le turnover naturel et les dispositifs de préretraite à temps partiel". Il a appelé le gouvernement allemand à préserver ces outils, jugés essentiels pour éviter les licenciements économiques.
Les raisons d'une restructuration massive
Le président du directoire de BMW, Milan Nedeljkovic, a justifié cette restructuration devant les salariés : "Cette fois-ci, il s'agit d'une modification fondamentale des règles du jeu de notre industrie et, par conséquent, des fondements mêmes de notre modèle économique." Il a ajouté que le protectionnisme, la concurrence accrue et les transformations profondes du marché allaient perdurer, imposant d'accélérer les efforts pour "simplifier les structures et les processus" et "réduire les coûts afin de restaurer la compétitivité". BMW fait face à une perte de rentabilité, notamment en Chine, où la demande s'effondre face à la montée en puissance des constructeurs locaux. Au deuxième trimestre, les livraisons du groupe dans le pays ont atteint leur plus bas niveau depuis 2017, avec une baisse de 30 % sur un an.
Une crise qui frappe toute l'industrie automobile allemande
BMW n'est pas le seul constructeur allemand à souffrir. Volkswagen envisage jusqu'à 100 000 suppressions de postes, Porsche prévoit de se séparer de 5 000 personnes et Mercedes-Benz a également lancé un programme de départs volontaires. Selon le cabinet EY, l'industrie allemande a supprimé 124 000 emplois l'an dernier, une grande partie dans le secteur automobile. Face à cette crise, les groupes délocalisent leur production vers des pays à plus bas coûts, comme la Hongrie, où BMW a récemment ouvert une nouvelle usine et où Mercedes-Benz a agrandi son site de Kecskemét. Ola Källenius, président du directoire de Mercedes-Benz, a déclaré mardi dans le cadre d'une "offensive de productivité" en Allemagne : "Nous devons continuer à tout mettre en œuvre pour réduire les coûts afin de proposer nos produits de qualité à des prix compétitifs."
Impact financier et perspectives
Le plan de départs volontaires de BMW, réservé aux salariés occupant des fonctions administratives, devrait entrer en vigueur en octobre. Selon une source proche du dossier, il pourrait grever de plusieurs centaines de millions d'euros les résultats du second semestre, le montant exact dépendant du nombre de participants. Longtemps considéré comme plus résilient grâce à son choix de maintenir une large offre de véhicules thermiques tout en développant une gamme électrique, BMW a été contraint en juin d'abaisser ses prévisions de rentabilité après la dégradation de ses activités en Chine. Le groupe emploie environ 154 000 personnes dans le monde. L'objectif affiché est de réduire les coûts pour restaurer la compétitivité, alors que les marchés mondiaux, et en particulier la Chine, restent incertains.



