Airbus inaugure une nouvelle chaîne d'assemblage pour l'A320 près de Toulouse
Airbus inaugure une chaîne d'assemblage A320 près de Toulouse

Airbus passe à la vitesse supérieure. Le géant européen de l’aéronautique a inauguré ce lundi près de Toulouse une deuxième chaîne d’assemblage dédiée à l’A320, son modèle star. Un appareil devenu incontournable, décrit comme « tout simplement le best-seller de l’aviation commerciale » mondiale. L’objectif est clair : produire plus, plus vite, pour répondre à une demande qui ne faiblit pas.

Une stratégie de production renforcée

Avec cette nouvelle infrastructure, Airbus porte à dix le nombre total de lignes d’assemblage pour la famille A320. Un cap stratégique pour tenter d’atteindre 75 avions par mois d’ici fin 2027. Un défi industriel de taille, alors que les commandes s’accumulent et que la pression monte sur les capacités de production du groupe.

Un programme taillé pour durer

Devant plusieurs centaines de salariés, Guillaume Faury s’est montré confiant. « On ouvre une nouvelle page, on se projette [dans] l’avenir du programme A320, il est encore là pour des décennies », a lancé le patron d’Airbus. Un message clair, à l’heure où l’avion célébrera l’an prochain ses 40 ans, premier vol d’essai oblige, le 22 février 1987. Même ton du côté de Philippe Tabarot. Le ministre des Transports a salué un « jalon décisif pour [le] groupe et l’ensemble de la filière aéronautique française et européenne ». Une reconnaissance politique pour un programme qui reste aujourd’hui la colonne vertébrale d’Airbus.

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Cette nouvelle ligne s’ajoute aux huit déjà opérationnelles : quatre à Hambourg, deux à Mobile, aux États-Unis, et deux à Tianjin, en Chine. Une implantation mondiale pour un modèle qui domine largement les ventes. « Notre outil est désormais paré, […] nous avons dix lignes pour nous préparer à pouvoir monter en cadence (pour atteindre) 75 avions par mois à fin 2027 », a expliqué Fabrice Lepage, responsable du site A320 à Blagnac. Une montée en puissance progressive, mais indispensable face à un carnet de commandes impressionnant.

Des obstacles persistent

Sur environ 10 000 avions à livrer, 7 500 appartiennent à la famille A320. Une domination écrasante qui confirme le succès commercial du programme. En 2025 déjà, sur 793 avions livrés par Airbus, 607 étaient des A320. Soit une production moyenne d’une cinquantaine d’appareils par mois. Installée dans le hall Jean-Luc Lagardère, un espace gigantesque de 50 hectares, cette nouvelle ligne prend le relais d’un symbole : l’A380. L’ancien programme de très gros porteur, arrêté en 2019, laisse désormais place à une production plus stratégique.

Malgré ces ambitions, tout n’est pas encore gagné. Airbus reste confronté à un problème majeur : l’approvisionnement en moteurs. Le fournisseur américain Pratt & Whitney peine à suivre le rythme, freinant la montée en cadence. « En 2026, on a eu moins de moteurs de la part de Pratt & Whitney que ce dont on avait besoin pour la montée en cadence, donc on a ralenti notre montée en cadence en 2026, on va ré-accélérer en fonction des volumes de moteurs que l’on aura », a reconnu Guillaume Faury. Le dirigeant se veut néanmoins optimiste. « On est en train de travailler la copie, c’est un sujet difficile […] c’est une situation qui devrait avoir trouvé sa résolution d’ici la fin de l’année prochaine », a-t-il ajouté.

La compétitivité au cœur des enjeux

Au-delà de la production, Airbus alerte aussi sur un autre front : la compétitivité. À un an des prochaines élections, Guillaume Faury a rappelé que ce sujet devait rester central pour l’industrie. « Le paramètre principal qui fait que les clients viennent vers nous, c’est la compétitivité, celle de l’entreprise et aussi énormément celle de l’environnement dans lequel nous évoluons », a-t-il expliqué. Le dirigeant pointe notamment le coût du travail et de l’énergie en Europe, jugés élevés. Autre frein : « le coût des barrières réglementaires est absolument horrible et nous fait perdre de l’argent et énormément de temps ». Un message direct, dans un contexte où la concurrence internationale reste féroce.

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