L'Europe occidentale a vécu sa période juin-juillet la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne de 21,62°C, selon le service européen Copernicus sur le changement climatique. Ce bilan alarmant, publié lundi 10 août, intervient après des vagues de chaleur à répétition, une sécheresse généralisée et des incendies dévastateurs qui ont ravagé des milliers d'hectares en France et en Espagne.
Un constat sans précédent des scientifiques
"Nous n'avons pas connu un tel climat de notre vivant et peut-être même pas depuis l'avènement de notre civilisation", a déclaré Carlo Buontempo, directeur du Copernicus Climate Change Service (C3S), lors d'un point presse mercredi. Cette déclaration souligne l'ampleur exceptionnelle du phénomène qui frappe la région.
À l'échelle mondiale, juillet 2026 se classe au deuxième rang des mois de juillet les plus chauds, à égalité avec juillet 2024, derrière juillet 2023. Mais c'est en Europe occidentale, continent qui se réchauffe le plus rapidement, que les températures sont les plus remarquables. La température moyenne combinée pour juin et juillet a dépassé le record de 2022, "reflétant la persistance exceptionnelle de la chaleur" cet été, indique Copernicus.
Quatre vagues de chaleur depuis mai
Depuis mai, l'Europe de l'Ouest a subi quatre épisodes de chaleurs extrêmes, dont deux en juillet. Ces vagues de chaleur ont provoqué une sécheresse quasi généralisée en France, en Espagne, dans certaines régions d'Allemagne et au Royaume-Uni. Les niveaux d'humidité des sols en juillet étaient "nettement inférieurs à ceux de juillet 2022", dernier été marqué par une grave sécheresse dans la région.
Cette situation est "un exemple clair de la façon dont le changement climatique intensifie les extrêmes thermiques, la chaleur et la sécheresse se renforçant mutuellement", explique Samantha Burgess, une responsable de Copernicus. Les débits fluviaux ont été "exceptionnellement bas", notamment sur la Seine, le Rhin et le Danube, accroissant la pression sur l'approvisionnement en eau, l'irrigation, les écosystèmes aquatiques, le transport fluvial et la production d'énergie.
Incendies dévastateurs en France et en Espagne
Ces conditions ont également "favorisé une activité exceptionnelle des feux de forêt dans cette région, tant en termes de superficie brûlée que d'émissions" de carbone, selon Copernicus. En France, environ 42 000 hectares ont été parcourus par un gigantesque incendie en Gironde, tandis qu'en Espagne, 44 000 hectares sont partis en fumée dans la province d'Avila.
La sécheresse et les incendies ont des conséquences dramatiques sur les populations locales, l'agriculture et la biodiversité. Les autorités françaises et espagnoles ont dû mobiliser d'importants moyens pour lutter contre les feux et protéger les habitants.
Les océans en surchauffe
En juillet, les océans du globe ont atteint des températures record pour le deuxième mois consécutif. La température moyenne mondiale à la surface des mers a atteint 20,96°C, dépassant le précédent record de 2023. La chaleur océanique a été "exceptionnellement élevée" sur une grande partie du Pacifique tropical, où les conditions actuelles du phénomène El Niño devraient "encore s'intensifier au cours des prochains mois".
"Nous sommes confrontés à un El Niño très important, dont l'ampleur pourrait être sans précédent", a indiqué Carlo Buontempo, estimant que cela pourrait conduire à un nouveau record de température moyenne mondiale d'ici la fin de l'année ou au début 2027. Mais "le principal moteur de ce réchauffement — comme nous le savons — réside dans les gaz à effet de serre" émis par l'humanité, ajoute-t-il.
Des records qui pourraient être dépassés
Les épisodes El Niño atteignent généralement leur pic à la fin de l'année, lorsque la chaleur accumulée dans l'océan est libérée dans l'atmosphère, faisant grimper les températures mondiales. Le précédent épisode El Niño a contribué à faire de 2023 et 2024, respectivement, la deuxième et la première année les plus chaudes jamais enregistrées.
Autour de l'Europe, les eaux de la Méditerranée occidentale et de la façade atlantique connaissent également des températures inhabituellement élevées en juillet, associées à des épisodes de canicule marine. Ces phénomènes pourraient s'aggraver dans les prochains mois, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour les écosystèmes marins et les activités humaines.



