La Commission européenne a épinglé Mapei, le géant italien des produits chimiques pour la construction, dans un communiqué officiel. L'institution soupçonne une entente sur les prix de produits chimiques destinés au ciment, au béton et au mortier dans trois pays européens. Cette annonce est tombée comme un couperet pour l'entreprise, qui venait de recevoir un prestigieux prix quelques semaines plus tôt.
Une accusation qui tombe mal
Mi-juin, Veronica Squinzi, la patronne de Mapei, arborait un sourire confiant sous la fresque du réfectoire du musée des sciences et technologies Léonard de Vinci à Milan. Son entreprise venait de recevoir le prix Léonard de Vinci, décerné chaque année par l'association des Hénokiens, qui regroupe des entreprises familiales bicentenaires, et par le Château du Clos Lucé, dernière demeure du peintre. Un honneur qui soulignait la longévité et la réputation de la société.
Mais un mois plus tard, la douche froide. Alors que Mapei s'apprêtait à dévoiler ses résultats annuels, la Commission européenne a publié un communiqué accusant l'entreprise, ainsi qu'une poignée de concurrents, de suspicion d'entente sur les prix. Les produits concernés sont des adjuvants chimiques utilisés dans la fabrication du ciment, du béton et du mortier, dans trois pays européens non précisés.
Mapei dément fermement
Le groupe italien a immédiatement démenti ces allégations. Dans un communiqué officiel, Mapei a affirmé avoir toujours respecté les règles de concurrence et a exprimé sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités européennes pour clarifier la situation. L'entreprise a également rappelé son engagement en faveur d'une concurrence loyale sur le marché.
Cette affaire écorne l'image que Mapei cultive depuis ses débuts. Fondée en 1937, l'entreprise familiale est devenue un leader mondial dans son secteur, avec un chiffre d'affaires de plusieurs milliards d'euros et une présence dans plus de 30 pays. Sa réputation de sérieux et de fiabilité est un atout majeur, et cette accusation pourrait ternir sa réputation auprès de ses clients et partenaires.
Une procédure qui pourrait durer
La Commission européenne a ouvert une procédure formelle d'examen. Si les soupçons se confirment, Mapei pourrait encourir des amendes pouvant atteindre 10 % de son chiffre d'affaires annuel mondial, conformément aux règles de l'Union européenne en matière de concurrence. Cependant, il s'agit pour l'instant d'une simple suspicion, et l'entreprise a la possibilité de présenter ses arguments pour se défendre.
Cette affaire intervient dans un contexte de durcissement des contrôles de la part des autorités européennes sur les pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la construction. Plusieurs entreprises ont déjà été sanctionnées ces dernières années pour des ententes sur les prix, et la Commission semble déterminée à poursuivre ses enquêtes.
L'impact sur le secteur
L'annonce de la Commission européenne a eu un impact immédiat sur le secteur. Les actions de Mapei, cotées à la Bourse de Milan, ont légèrement reculé à la suite de cette nouvelle. Les analystes estiment que cette affaire pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble du marché des produits chimiques pour la construction, les clients étant susceptibles de devenir plus prudents dans leurs achats.
Pour l'instant, Mapei continue de fonctionner normalement et assure que ses activités ne sont pas affectées par cette procédure. L'entreprise a également rappelé que la présomption d'innocence prévaut tant que la Commission n'a pas rendu sa décision finale.
Une image à préserver
Veronica Squinzi, qui a succédé à son père à la tête de Mapei, a toujours mis en avant les valeurs d'intégrité et de transparence de l'entreprise. Cette accusation est donc un coup dur pour elle personnellement, alors qu'elle s'efforce de moderniser l'image de la société tout en préservant son héritage familial.
Le groupe a annoncé qu'il allait coopérer pleinement avec les autorités européennes et qu'il était confiant dans l'issue de cette procédure. En attendant, l'entreprise continue de se concentrer sur son activité principale et sur l'innovation, qui ont fait sa renommée.



