Le 29 novembre 2004, Cathy Bousquet, 41 ans, gérante de la station-service de l'aire de La Palme sur l'autoroute A9 dans l'Aude, a été retrouvée morte dans sa voiture, tuée d'une balle dans la tête. Son amant, l'homme d'affaires roumain Gheorghe Velciu, a été reconnu coupable et condamné à trente ans de réclusion criminelle, mais les motivations exactes de ce crime n'ont jamais été élucidées, malgré deux procès.
Une liaison orageuse et des menaces
Cathy Bousquet, une ancienne caissière devenue gérante de la station Esso de La Palme, avait entamé une liaison passionnelle avec Gheorghe Velciu en 2003. Cet homme mystérieux, qui se présentait comme un chef d'entreprise dans le commerce de fruits et légumes, roulait en Porsche ou en Ferrari et portait des costumes élégants. Mais son comportement était étrange : il passait des heures sur l'aire de repos, prétendument pour payer le gasoil de ses chauffeurs avec des cartes Shell, et se faisait passer auprès de certains routiers pour le vrai patron de la station, promettant des réductions en échange de paiements en liquide.
La liaison était orageuse, marquée par des séparations et des réconciliations. En décembre 2003, l'appartement de Cathy a failli brûler, et en janvier 2004, la station-service a été la cible d'une tentative d'incendie avec une mèche artisanale. La fille de Cathy a également entendu Gheorghe lui lancer : « Pour ton anniversaire, je t'offrirai un cercueil ! »
Un passé trouble et une extradition difficile
Gheorghe Velciu, d'origine roumaine, avait été intercepté à la frontière espagnole au printemps 2004 et expulsé vers Bucarest. Cathy Bousquet était allée le chercher en Roumanie, avec une somme de 40 000 euros, après quoi elle avait confié à un proche : « Quand tu as un pistolet sur la tête, tu fais des choses que tu ne voudrais pas. »
En novembre 2004, Cathy semblait avoir rompu définitivement, mais Gheorghe l'appelait sans cesse : près de 300 fois sur son téléphone fixe et portable. Le jour du meurtre, il l'a appelée quatre fois entre 8h et 10h40, avant d'être vu à Perpignan, mal rasé, prétendant rentrer du Maroc.
Le meurtre et l'enquête
Vers 11h, Cathy a quitté la station pour se rendre à la banque. Une demi-heure plus tard, un témoin a découvert sa voiture arrêtée sur le chemin de Saint-Pancrace, la vitre brisée et la portière perforée par une balle. Cathy était effondrée sur le siège conducteur, la tête en sang.
L'enquête, menée par le SRPJ de Montpellier, a rapidement conduit à Gheorghe Velciu, arrêté en Italie moins de 24 heures plus tard. Il a tout fait pour retarder son extradition, et ce n'est qu'en septembre 2005 qu'il a été mis en examen en France. Pendant l'instruction, il a nié le meurtre, affirmant connaître le tueur mais préférant « rester toute sa vie en prison » plutôt que de révéler son identité.
Deux procès, trente ans de réclusion
Lors de son procès en janvier 2009 devant la cour d'assises de l'Aude, Gheorghe Velciu s'est montré volubile et théâtral. La fille de Cathy, alors âgée de 19 ans, lui a lancé : « Tu ne me fais pas peur ! Tu es un moins que rien ! »
Le procès n'a pas permis de déterminer les mobiles : jalousie ou argent ? Après la mort de Cathy, on a découvert un déficit de 65 000 euros dans la caisse et un manque de 6 000 litres d'essence dans les cuves. L'avocat général a requis la perpétuité, mais les jurés ont condamné Velciu à trente ans de réclusion.
En mars 2010, en appel à Montpellier, il a récidivé avec des explications absurdes sur le commerce des tomates : « Un kilo de tomates, je l'achète 20 centimes en Espagne, je le vends 2 euros en France, 3 euros en Italie ! » Il a répété : « Mon seul ami, c'est l'argent. » Son avocat, Me Pierre Charpy, a évoqué une « pathologie », mais les jurés ont confirmé la peine de trente ans. Avant de sortir, Velciu a lancé : « J'ai la conscience claire ! »



