Après la fermeture des mines, la difficile reconversion économique du Var
Mines de bauxite dans le Var : une reconversion économique difficile

En 1990, les mines de bauxite ferment dans le Var, laissant un territoire sinistré avec des milliers d'emplois perdus. La reconversion économique, longtemps promise, s'est révélée décevante, mais une zone d'activité, Nicopolis, est devenue le nouveau poumon économique du centre Var.

Un territoire sinistré à la fermeture des mines

La fermeture des mines de bauxite en 1990 a laissé le centre Var dans une situation économique désastreuse. Les perspectives étaient réduites et des milliers d'emplois ont disparu. Selon Jean-Marie Guillon et Jean Domenichino, dans un essai comparatif sur la fin des mines en Provence, « économiquement, la reconversion promise s'est révélée un leurre ». Les villages du bassin, également touchés par la crise de la viticulture, ont vu disparaître leurs seules activités, et tous les sites n'ont pas été réhabilités. Les auteurs soulignent que « subsistent donc d'un siècle d'exploitation des trous béants et des terrils abandonnés ».

Des projets annoncés, jamais réalisés

Les anciens mineurs témoignent de l'absence de soutien après la fermeture. Angelo Modica Amore, mineur jusqu'en 1990, résume : « Il n'y a rien eu. Pas de remerciements. On ferme et démerdez-vous ». Alain Duffaut, mécanicien dans les mines pendant des décennies, évoque des projets annoncés mais jamais concrétisés : « Il y a eu le projet Mini France, mais aussi une usine souterraine de fabrication de moteurs diesel ».

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Le député Hubert Falco avait interpellé le gouvernement en 1988, s'inquiétant des investissements de Pechiney à Dunkerque alors que des engagements avaient été pris pour maintenir l'activité dans le Var. La fin de l'extraction était pourtant annoncée dès 1970, avec un plan de fermeture sur vingt ans, mis en pause dans les années 1980 avant que le glas ne sonne en décembre 1986.

Nicopolis, la renaissance tardive du centre Var

Jacques Cestor, alors maire de Brignoles, avait imaginé au début des années 1980 une zone d'activité économique le long de la RN7. L'arrêté préfectoral a été signé en 1984, et le plan d'aménagement l'année suivante. Le parc Mini France, un musée à ciel ouvert de maquettes de monuments de France, a ouvert en 1985, attirant jusqu'à 50 000 visiteurs par an, mais a finalement capoté en raison de sa situation géographique, d'un manque de renouvellement et de problèmes de gestion.

Il a fallu attendre 2005 pour que la zone décolle. Aujourd'hui, Nicopolis compte 200 entreprises, 2 500 emplois et un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros. Son nom signifie « ville de la victoire » en grec.

Le projet Michelin, un échec emblématique

Le projet de centre d'essais de Michelin au Cannet-des-Maures, annoncé en 1990, illustre les difficultés de reconversion. Le projet prévoyait un circuit de 8 000 mètres et un groupe de recherche de 5 000 mètres carrés sur 400 hectares, pour un investissement de 250 millions de francs (environ 60 millions d'euros). Il a été dénoncé en raison de la présence de tortues d'Hermann, puis déplacé à Cabasse et Vins-sur-Caramy, avant d'être abandonné pour des raisons économiques. Le site existe encore, à l'abandon.

Les vestiges des mines sont encore visibles dans le paysage varois : lacs de Vins-sur-Caramy, lac du Carnier au Val, anciennes mines au Thoronet, à Cabasse, ou encore à Mazaugues. L'association Objectif photo Tourves expose actuellement « Érosions, le voyage de la bauxite » au musée des Gueules rouges, immortalisant ces traces du passé.

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