L'exorcisme, pratique longtemps confidentielle de l'Église catholique, connaît un succès grandissant, porté par les angoisses et les malheurs du monde contemporain. C'est ce que révèle une enquête publiée par Libération, qui a suivi plusieurs exorcistes dans leur quotidien. Leur objectif, affirment-ils, est d'abord de « casser le mythe d'être possédé par le diable ».
Une demande en forte hausse
Selon le père Benoît, exorciste du diocèse de Paris, le nombre de demandes a explosé ces dernières années. « Nous recevons environ 200 demandes par an, mais beaucoup ne sont pas fondées », explique-t-il. La plupart des personnes qui consultent souffrent en réalité de troubles psychologiques ou spirituels, et non de possession démoniaque.
Le père Benoît précise que son rôle consiste d'abord à écouter et à discerner. « L'exorcisme n'est pas un spectacle, c'est un sacrement de l'Église », insiste-t-il. La formation des exorcistes, encadrée par le Vatican, inclut des connaissances en psychologie et en théologie.
Un phénomène mondial
Le phénomène n'est pas limité à la France. Dans plusieurs pays, notamment en Amérique latine et en Afrique, les exorcistes sont de plus en plus sollicités. Les évêques ont dû augmenter le nombre de prêtres formés à cette mission. L'Église catholique a d'ailleurs publié en 2014 un nouveau rituel de l'exorcisme, plus prudent face aux risques de confusion avec des pathologies mentales.
Les exorcistes interrogés par Libération insistent sur la dimension « spirituelle » de leur mission. Ils rappellent que le démon, dans la tradition chrétienne, est une réalité symbolique et spirituelle, et non une entité physique. « Le diable n'existe pas comme un personnage avec des cornes », explique l'un d'eux.
Un sacerdoce exigeant
Le travail d'exorciste est exigeant, tant sur le plan émotionnel que spirituel. Les prêtres qui s'y consacrent doivent suivre une formation continue et se soumettre à une discipline stricte. Ils sont souvent confrontés à des situations de détresse profonde, et doivent savoir orienter les personnes vers des professionnels de santé quand cela est nécessaire.
Malgré les difficultés, ces prêtres considèrent leur mission comme essentielle. « Nous sommes là pour redonner de l'espérance », conclut le père Benoît. Le succès de l'exorcisme, selon eux, reflète une quête de sens dans un monde en crise.



