Le philosophe et écrivain Bernard-Henri Lévy et l'historien irakien Omar Mohammed signent un livre consacré à Mossoul, l'ancienne capitale du califat autoproclamé de Daech. L'ouvrage, intitulé L'Œil de Mossoul, paraît ce mercredi 2 octobre aux éditions Grasset. Il retrace la chute de la ville en 2014, sa libération en 2017 et les défis de sa reconstruction.
Un témoignage croisé sur la ville martyre
Omar Mohammed, historien de formation, a vécu à Mossoul sous le joug de Daech. Sous le pseudonyme de "Mossoul Eye", il a documenté les exactions du groupe terroriste via les réseaux sociaux, devenant une source précieuse pour les médias internationaux. Bernard-Henri Lévy, de son côté, s'est rendu à plusieurs reprises en Irak pendant la guerre contre Daech, notamment aux côtés des forces kurdes et irakiennes.
Le livre mêle les récits personnels des deux auteurs et leurs analyses géopolitiques. Il s'ouvre sur la chute de Mossoul en juin 2014, lorsque les djihadistes s'emparent de la ville en quelques jours, provoquant l'exode de centaines de milliers d'habitants. Les auteurs décrivent la terreur quotidienne imposée par Daech : exécutions publiques, destruction de monuments historiques, persécutions des minorités yézidies et chrétiennes.
La libération de Mossoul et l'après-Daech
La libération de Mossoul, annoncée en juillet 2017 après neuf mois de combats, marque un tournant décisif dans la lutte contre Daech. Les auteurs racontent les batailles de rue, le rôle des forces spéciales irakiennes et de la coalition internationale, et la découverte des charniers et des fosses communes. Ils insistent sur le traumatisme des survivants et sur l'ampleur des destructions : 80 % de la vieille ville de Mossoul a été réduite en ruines.
Au-delà du récit de guerre, L'Œil de Mossoul pose la question de la reconstruction matérielle et morale de la cité. Omar Mohammed, qui a créé l'association "Mossoul Eye" pour aider les jeunes à se réapproprier leur histoire, plaide pour une éducation à la paix et à la tolérance. Bernard-Henri Lévy, de son côté, appelle la communauté internationale à ne pas abandonner l'Irak et à soutenir les forces démocratiques face aux ingérences étrangères.
Un plaidoyer pour la mémoire et la vigilance
Le livre se conclut sur un avertissement : Daech a perdu son califat, mais son idéologie demeure. Les auteurs soulignent la nécessité de préserver la mémoire des victimes et de poursuivre la lutte contre le terrorisme, non seulement par les armes, mais aussi par l'éducation et la culture. Ils insistent sur le rôle des intellectuels et des témoins dans la construction d'un avenir pacifique pour Mossoul et pour l'Irak.
En publiant cet ouvrage, Bernard-Henri Lévy et Omar Mohammed entendent rendre hommage à la résilience des habitants de Mossoul et alerter l'opinion publique sur les dangers d'un oubli. L'Œil de Mossoul se présente ainsi comme un document essentiel pour comprendre les mutations du Moyen-Orient et les défis de l'après-conflit.



