La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a défendu mardi 25 août sur RTL la taxation de l'héritage "dès le premier euro", une mesure de "justice sociale" que le syndicat entend débattre avec les candidats à l'élection présidentielle, à l'exception de Marine Le Pen. Cette proposition intervient alors que la CFDT organise sa rentrée ce mardi autour de la question des services publics.
Une révision radicale de l'impôt sur les successions
"Nous sommes favorables à une révision de l'impôt sur les successions, tout héritage serait taxé alors qu'aujourd'hui ce n'est pas le cas, dès le premier euro", a affirmé la dirigeante du premier syndicat français. Elle a poursuivi en posant la question : "Est-ce qu'on aura des responsables politiques qui auront le courage d'assumer que ça peut bouleverser une partie de leur électorat ?", précisant mettre régulièrement cette proposition sur la table.
Un nombre très limité de Français s'acquittent aujourd'hui de l'impôt sur les successions. En février 2022, le ministre de l'Économie d'alors, Bruno Le Maire, avait estimé devant la commission des Finances du Sénat que "les deux tiers des successions ne sont soumises à aucun droit de succession" et que cette fiscalité ne concerne ainsi qu'un "nombre très limité de Français".
La CFDT refuse de rencontrer Marine Le Pen
Mardi matin, Marylise Léon a déclaré vouloir discuter de toutes les idées du syndicat avec les différents candidats à la présidentielle en début d'année prochaine. "Mais il y en a que la CFDT ne rencontrera pas, c'est le cas de Marine Le Pen. La CFDT a une ligne extrêmement claire sur le fait qu'elle ne parle pas aux candidats de l'extrême droite", a expliqué la secrétaire générale du syndicat.
La taxation de l'héritage figure au programme de Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire organisée par Place publique et le Parti socialiste, qui propose la création d'un "impôt sur les grandes successions". Cette proposition de la CFDT s'inscrit dans un débat plus large sur la fiscalité successorale en France, où les abattements actuels permettent à une majorité d'héritages d'échapper à l'impôt.



