Photo de Gaza retirée du festival de Deauville : la censure dénoncée
Photo de Gaza retirée du festival de Deauville

La photographie du Palestinien Jehad Alshrafi, représentant des joueurs du Gaza Sports Club et du club Al-Ahly lors d'un match de football à Gaza le 14 février 2026, a été retirée de l'exposition du Deauville Sport Images Festival. Cette décision, confirmée par la municipalité de Deauville, suscite une vive indignation parmi les personnalités politiques et les défenseurs de la liberté de la presse.

Une décision discrète qui interroge

Le cliché, exposé dans le cadre de la deuxième édition du festival qui se tient du 6 juin au 6 septembre 2026, montrait un terrain de football entouré de bâtiments réduits en cendre à Gaza. Jeudi 20 août au soir, Sylvain Larcher, secrétaire de section du Parti socialiste local, a constaté que la photo avait été remplacée par une autre image, sur un autre sujet. « Cette disparition soulève une question simple et légitime : pourquoi cette photographie a-t-elle été retirée ? », interroge-t-il auprès du média local « le Pays d’Auge ».

Les organisateurs du festival, par la voix de la municipalité de Deauville, ont confirmé que la photo avait été remplacée suite à « des demandes », sans préciser leur origine. « Nous ne voulons pas entrer dans la polémique, ni heurter qui que ce soit », ajoute la municipalité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une indignation politique unanime

Cette décision a provoqué l'indignation de plusieurs personnalités. Pour Sylvain Larcher, cette photographie « ne montre pas simplement un match de football », mais raconte « quelque chose de beaucoup plus profond » : « la volonté de continuer à jouer, de se retrouver, de vivre et de conserver une part d’espoir alors que tout autour a été détruit ». « La culture et la photographie ne doivent pas être soumises aux pressions, quelles qu’elles soient », s’est-il positionné.

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a fustigé sur X : « La presse interdite à Gaza, les photos interdites à Deauville, la liberté d’information piétinée ». Le député socialiste du Calvados Arthur Delaporte a également estimé que le retrait de cette photo « indigne légitimement ». « La culture et la vérité ne peuvent faire l’objet d’une censure à bas bruit », a-t-il tancé dans un communiqué publié sur X. Et d’arguer que le photojournaliste a « précisément » pour fonction de « montrer le réel dans toute sa complexité ». « La volonté affichée de ne pas “heurter” ne peut devenir un principe de déprogrammation culturelle. »

Une réaction internationale

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, s’est de son côté positionnée : « Montrer partout [la photo] est un acte de résistance, contre la censure, contre la tentative d’effacer la réalité du génocide de Gaza ».

Auprès de France 3 Normandie, la mairie de Deauville a rappelé sa « solidarité » envers la communauté juive en ce qui concerne « les souffrances créées par le terrorisme palestinien ». « Puisque cette photo crée précisément de nouvelles douleurs, et pour faire taire cette polémique disproportionnée, nous retirons cette photo de l’exposition », a-t-elle conclu.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale