Le débat sur la fiscalité des grandes fortunes a été relancé ce jeudi 17 juillet à l'Assemblée nationale, avec l'examen d'une proposition de loi visant à créer un impôt sur la fortune climatique (IFC). Portée par le député écologiste Julien Bayou, cette mesure propose de taxer les patrimoines nets supérieurs à 2,5 millions d'euros, avec un taux progressif allant de 0,5 % à 1,5 %.
Une proposition qui divise les bancs de l'Assemblée
Le texte, soutenu par les groupes de gauche et écologiste, a suscité de vifs débats. Selon l'étude d'impact réalisée par les services de l'Assemblée, l'IFC pourrait rapporter entre 8 et 12 milliards d'euros par an, qui seraient intégralement affectés à la transition écologique. "Cet impôt est une question de justice sociale et climatique", a déclaré Julien Bayou lors de la présentation du texte.
En revanche, la majorité présidentielle et la droite ont vivement critiqué la proposition. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a estimé qu'un tel impôt "pénaliserait l'attractivité de la France et découragerait l'investissement". Il a rappelé que la suppression de l'ISF en 2018 avait été suivie d'une augmentation des investissements dans les startups.
Un contexte de tensions budgétaires
Ce débat intervient alors que le gouvernement cherche des marges de manœuvre budgétaires pour financer la transition écologique. Le Haut Conseil pour le climat a récemment estimé que la France devait investir 20 milliards d'euros supplémentaires par an pour atteindre ses objectifs climatiques. La proposition de loi des écologistes vise précisément à combler ce manque.
Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2025, 68 % des Français se déclarent favorables à la création d'un impôt sur la fortune dédié au climat. Cependant, le gouvernement reste opposé à toute augmentation de la fiscalité sur le capital.
Les arguments des opposants
Les députés de la majorité ont mis en avant le risque de fuite des capitaux. "Les grandes fortunes sont mobiles, et une taxation excessive les pousserait à s'expatrier", a averti le député LREM Jean-René Cazeneuve. De son côté, le groupe Les Républicains a déposé un amendement visant à remplacer l'IFC par un crédit d'impôt pour les investissements verts.
Les écologistes rétorquent que l'IFC serait plus efficace que les niches fiscales existantes. "Les dispositifs actuels sont inefficaces et coûtent 10 milliards d'euros par an sans résultat tangible", a affirmé la députée EELV Sandrine Rousseau.
Une issue incertaine
La proposition de loi devrait être examinée en séance publique la semaine prochaine. Son adoption semble peu probable compte tenu de l'opposition de la majorité et de la droite. Toutefois, ce débat permet de remettre sur la table la question de la fiscalité des plus riches, un thème qui pourrait être central lors de la prochaine campagne présidentielle.



