Christelle Solo-Tinevez, unique femme à bord de l'Abeille Méditerranée
Unique femme à bord de l'Abeille Méditerranée

Christelle Solo-Tinevez, 53 ans, est l'unique femme à bord du remorqueur de haute mer Abeille Méditerranée, basé à Toulon. Dans une profession où les femmes ne représentent que 10 % des équipages, cette Bretonne « 100 % pur beurre » a tracé son chemin avec détermination.

Un parcours atypique vers la marine

Titulaire du diplôme de capitaine 200 dès 2003, Christelle Solo-Tinevez a dû attendre plus de vingt ans avant de devenir marin professionnel. Faute d'armement pour valider sa théorie, elle a d'abord travaillé comme cadre dans la grande distribution, professeur de droit à Rennes, et même créé sa propre entreprise d'équipement pour coureurs transocéaniques, avant que la crise des subprimes de 2008 ne mette fin à cette activité.

« J'ai eu mon diplôme de capitaine 200 en 2003, mais faute de trouver un armement pour valider la théorie, j'ai choisi de réorienter ma carrière professionnelle, avant de revenir vers la marine marchande au début des années 2020 », explique-t-elle.

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L'arrivée aux Abeilles International

Le 10 octobre 2025 à 16 h 30, la responsable des Ressources humaines des Abeilles International l'a contactée pour un premier embarquement à bord de l'Abeille Normandie à Boulogne-sur-Mer. « Je n'ai pas hésité une minute. Le contrat signé, j'ai sauté dans mon van et le mercredi 15 au soir, j'étais au pied de la coupée », se souvient-elle.

À peine montée à bord, le remorqueur a appareillé pour secourir des migrants traversant la Manche. « De par mon expérience de sauveteur-nageur de bord chez les Sauveteurs en mer, je suis formée à la lutte contre les noyades, mais le sauvetage de masse – 200 personnes – je n'avais encore jamais fait ça », raconte-t-elle.

Le rêve du remorquage de haute mer

En décembre 2025, elle rejoint l'Abeille Méditerranée à Toulon. « Même si j'ai adoré l'Abeille Normandie, son équipe d'enfer qui a facilité mon intégration, ça fait du bien de changer de bateau », dit-elle. Elle aspire désormais à apprendre le cœur du métier des Abeilles : le remorquage de haute mer.

« Je suis contente d'avoir commencé par l'Abeille Normandie, c'est ce qui me rapprochait le plus de mon expérience de nageur de bord à la SNSM. Maintenant que je suis à bord de l'Abeille Méditerranée, je me déconstruis du sauvetage et j'apprends progressivement les procédures de sauvetage », précise-t-elle.

Première alerte et perspectives

Le 19 juin 2026, l'Abeille Méditerranée a été appelée au large de la Corse pour un incendie moteur à bord du ferry GNV Azzurra, mais c'est finalement un remorqueur italien qui est intervenu. « Je finirai ma vie professionnelle aux Abeilles », assure Christelle Solo-Tinevez, qui rêve d'intégrer la section nageur-plongeur.

Consciente de la pénibilité du métier, elle prépare déjà l'avenir : « En septembre prochain, tout en continuant à naviguer, je vais suivre à distance les cours de Master 2 Droit et sécurité des activités maritimes et océaniques de la faculté de Nantes. »

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