Un projet ambitieux de 70 millions d'euros va transformer l'ancien site de la cimenterie Lafarge, à Contes, dans la vallée des Paillons, en un véritable poumon économique durable. Le Groupe Nice-Matin a réuni ses partenaires au cœur de cette vallée pour évoquer l'avenir industriel du territoire.
Un héritage industriel de 150 ans
L'histoire du ciment à Contes remonte à 150 ans, dont 115 avec Lafarge. En 2021, l'arrêt brutal de l'activité de transformation du ciment a laissé 75 emplois directs et environ 400 induits sur le carreau, abandonnant le site du Pimian, une friche de 18 hectares. Aujourd'hui, un projet porté par la CCI Nice Côte d'Azur, la mairie de Contes et la Communauté de communes du Pays des Paillons vise à redonner vie à ce lieu.
Un projet à 70 millions d'euros
Le président de la Communauté de communes du Pays des Paillons et maire de Peille, Cyril Piazza, a sollicité la Chambre de Commerce et d'Industrie Nice Côte d'Azur (CCI NCA) et le maire de Contes, Francis Tujague, pour écrire une nouvelle page. L'objectif est de créer un pôle économique durable, ancré dans le territoire, avec 35 000 m² de locaux d'activités et potentiellement 300 emplois. Le coût total est estimé à 70 millions d'euros, dont 15 millions apportés par la Communauté de communes.
« Nous avons longtemps figuré parmi les 50 communes françaises les plus émettrices de gaz à effet de serre à cause des cimenteries, explique Cyril Piazza. Nous souhaitons aujourd'hui soutenir le développement d'une activité industrielle et artisanale plus respectueuse de l'environnement. »
Un calendrier ambitieux
Les travaux devraient démarrer en 2028, pour une livraison prévue entre 2030 et 2032. Jean-Pierre Savarino, président de la CCI Nice Côte d'Azur, se félicite : « C'est la dernière friche industrielle de cette ampleur dans les Alpes-Maritimes. Nous sommes fiers d'avoir été désignés aménageur du site. Nous avons déjà des demandes. »
Des acteurs locaux mobilisés
Lors du Club Eco organisé par le Groupe Nice-Matin, plusieurs dirigeants d'entreprises locales ont exprimé leur soutien au projet. Daniel Sfecci, directeur général d'Orsteel Light, souligne : « Il faut protéger notre tissu industriel ! On veut défendre le fabriqué en France et le circuit court. » Christine Scaramozzino, présidente de PAAL, insiste sur la nécessité d'anticiper les flux routiers : « 300 emplois, c'est une bonne nouvelle, mais les infrastructures devront suivre. »
Florence Barbett, responsable RSE chez Aluminor, met en avant la coopération locale : « Dans nos vallées, les synergies sont appréciables. Il conviendra de développer l'emploi en local pour répondre aux problématiques de transport. » Bernard Alfandari, dirigeant de Resistex, voit dans ce projet un rééquilibrage entre la bande côtière et le Moyen-Pays.
Un projet durable et innovant
Le site intégrera des toitures équipées de panneaux photovoltaïques, une gestion raisonnée de l'eau avec trois bassins de rétention naturelle, et une réflexion globale sur les formations et le logement. « Nous allons enlever le béton et partir à la reconquête du vert, de la nature », promet Jean-Pierre Savarino. L'objectif est d'éviter les erreurs de Sophia Antipolis ou Monaco, qui subissent chaque jour 45 000 entrées de salariés, en privilégiant un recrutement local.
Une chance pour l'est du département
Cyril Piazza conclut : « Ce projet est une chance pour l'est du département. Il va falloir trouver une tête de proue, une entreprise emblématique, pour un véritable rayonnement. » Avec 1 % seulement du foncier dédié à l'industrie dans les Alpes-Maritimes, ce dossier est hautement stratégique. La livraison est prévue à l'horizon 2030-2032, mais l'engouement est déjà palpable.



