Retour des seniors évacués dans leurs Ehpad en Gironde
Gironde : les seniors évacués regagnent leurs Ehpad

Deux semaines après le violent incendie qui a ravagé plus de 6 000 hectares de forêt en Gironde, les résidents des Ehpad évacués en urgence commencent à regagner leurs établissements. Selon l'Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine, 98 % des 1 240 résidents concernés ont réintégré leur structure au 9 août. Les opérations de retour se déroulent progressivement, après vérification de la sécurité des bâtiments et de la qualité de l'air.

Une évacuation massive et coordonnée

Le 29 juillet, face à la progression rapide des flammes, les autorités avaient ordonné l'évacuation de 14 Ehpad situés dans les zones à risque, principalement autour de La Teste-de-Buch et de Landiras. En moins de 48 heures, plus de 1 200 personnes âgées, dont beaucoup à mobilité réduite, ont été transportées vers des structures d'accueil d'urgence dans les départements voisins : Dordogne, Lot-et-Garonne et Charente-Maritime.

« C'était une opération d'une complexité inédite, mais la mobilisation de tous les acteurs – pompiers, personnel soignant, bénévoles – a permis de sauver toutes les vies », souligne le préfet de la Gironde, Étienne Guyot. Aucun décès n'est à déplorer, mais trois résidents ont été hospitalisés pour des malaises liés au stress.

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Un retour organisé par vagues

Le retour s'effectue par vagues, en fonction de l'état des routes et de la disponibilité des transports sanitaires. Les premiers à revenir sont les résidents autonomes, puis ceux nécessitant des soins spécifiques. Chaque établissement a mis en place un protocole d'accueil renforcé : prise de température, distribution de masques, et soutien psychologique pour les personnes les plus fragiles.

Dans l'Ehpad Les Pins, à La Teste-de-Buch, la directrice, Marie-Claude Dubois, se félicite : « Nous avons pu réintégrer nos 86 résidents en trois jours. Les locaux sont intacts, mais nous avons dû remplacer tout le stock de médicaments et de nourriture périmé pendant l'évacuation. » Le coût total de l'opération est estimé à 2,3 millions d'euros, pris en charge par l'État et les assurances.

Des conséquences durables sur la santé des résidents

Au-delà des dégâts matériels, les équipes médicales s'inquiètent des conséquences psychologiques. Une enquête menée auprès de 250 résidents évacués révèle que 40 % présentent des symptômes de stress post-traumatique : troubles du sommeil, anxiété, perte de repères. Des cellules d'écoute sont mises en place dans chaque établissement, et des consultations avec des psychologues sont proposées gratuitement.

« Le déracinement a été brutal pour ces personnes âgées, souvent dépendantes. Il faut du temps pour retrouver une routine », explique le docteur Claire Fontaine, gériatre à l'hôpital de Bordeaux. Elle recommande un suivi renforcé pendant au moins trois mois.

Un plan de prévention renforcé

Cet événement a mis en lumière la vulnérabilité des Ehpad face aux risques naturels. Le gouvernement a annoncé un plan de 15 millions d'euros pour améliorer la résilience des établissements : création de zones de refuge, formation du personnel aux évacuations, et mise en place de systèmes d'alerte avancée. La Gironde, particulièrement exposée, servira de département pilote.

Le maire de La Teste-de-Buch, Patrick Davet, insiste : « Nous devons tirer les leçons de cette catastrophe. Les Ehpad doivent être intégrés dans les plans communaux de sauvegarde, avec des exercices réguliers. »

La vie reprend progressivement

Dans les établissements, les activités reprennent doucement : ateliers mémoire, jeux de société, animations musicales. Les familles, qui n'avaient pas pu rendre visite pendant l'évacuation, sont de nouveau autorisées, sur rendez-vous et dans le respect des gestes barrières. « Retrouver ma mère dans sa chambre, c'est un immense soulagement », confie Martine, venue de Bordeaux.

Les autorités restent vigilantes : la forêt reste en partie fermée, et le risque de reprise du feu demeure tant que les températures sont élevées. Mais pour l'instant, la priorité est à la reconstruction et à la résilience.

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