Observatoire des Pises : référence internationale de l'astronomie
Observatoire des Pises : référence internationale

L'observatoire des Pises, situé dans la vallée du Lingas dans le Gard, est devenu une référence internationale de l'astronomie. Construit et géré par la Société Astronomique de Montpellier, il a permis la découverte de plus d'une centaine d'astéroïdes et contribue à de nombreux travaux scientifiques. Il est l'un des onze observatoires protégés par décret en France.

Une découverte fondatrice en 1998

En février 1998, l'astéroïde n° 18 623 a été baptisé "Pises", du nom du petit lac cévenol artificiel et de l'observatoire qui l'a détecté dans la ceinture principale, entre les orbites de Mars et de Jupiter, à plus de 275 millions de kilomètres de la Terre. C'était la première d'une longue série. Les astronomes amateurs ont ensuite débusqué les astéroïdes "Lozère", "Lingas", "Aigoual" ou "Babote". Au fil des nuits et des décennies, plus d'une centaine de ces planètes mineures ont été révélées par les télescopes de ce petit observatoire perché sur le plateau du Lingas, en surplomb du lac des Pises.

Une reconnaissance officielle

Ces avancées ont permis au site d'être officiellement reconnu par l'Union Astronomique Internationale (UAI) "sous le code station 122", précise Jean-Marie Lopez, président de la Société astronomique de Montpellier, propriétaire de l'observatoire. C'est lui qui, en 1985, alors en quête d'un lieu pour poser ses télescopes, a découvert une maison à l'abandon près du lac des Pises. "On recherchait un ciel de la meilleure qualité possible, le plus exceptionnel possible, pour assurer des observations qui ne soient pas entachées par les problèmes de pollution lumineuse, puisque l'on voyait, déjà à l'époque, que le ciel de Montpellier se dégradait à vitesse grand V", se souvient-il.

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Le bond numérique

Le ciel des Cévennes n'était à l'époque pas encore labellisé "Réserve internationale de ciel étoilé" (Rice), mais l'isolement du site répondait à tous les critères. Après les démarches administratives auprès du Parc national des Cévennes, les membres de la société astronomique ont bâti leur observatoire en moins de deux ans. L'évolution technologique a ensuite permis de rejoindre la cour des grands. "Dès que nous avons basculé de l'analogique au numérique, la frontière qui nous séparait des professionnels, nous avons pu faire des travaux de qualité scientifique et détecter ces astéroïdes que nous avons fait labelliser auprès du Minor Planet Center, l'organisme qui gère les petites planètes et les comètes".

Une protection nationale

Cette reconnaissance internationale a été suivie d'une reconnaissance nationale. "Un décret gouvernemental a depuis reconnu et protégé notre observatoire, comme dix autres en France dont celui du Pic du Midi. Désormais, dans un rayon de 10 km, il n'est pas possible de modifier quoi que ce soit en termes d'éclairages ou de lumière, afin de préserver la qualité de notre ciel", se réjouit Jean-Marie Lopez.

Des outils de pointe pour la recherche

Cette protection semblait d'autant plus nécessaire que les outils installés aux Pises sont désormais performants : un télescope de 500 mm entièrement automatisé – "que je peux piloter à distance" – et bientôt un second de 400 mm qui permettra de faire de la spectroscopie, c'est-à-dire d'analyser la lumière des étoiles pour déterminer les vitesses d'échappement de ses gaz ou évaluer sa distance. Ces équipements font de la Société astronomique de Montpellier un maillon essentiel de la chaîne de recherche. "Nous sommes régulièrement sollicités par la Société astronomique de France pour suivre des transients, ces phénomènes cosmiques éphémères et soudains. Nous participons aussi au programme ExoClock, qui consiste à détecter les exoplanètes pour préparer le lancement d'un satellite, en 2029, qui sera chargé de les étudier".

Une mission d'éducation populaire

Dans son refuge situé à côté, la "station 122" accueille régulièrement des astronomes amateurs pour prendre part à ses travaux scientifiques, mais pas le grand public. "Nous faisons de l'éducation populaire au ciel, des initiations, de la vulgarisation, notre autre activité principale, mais plutôt à Montpellier". Un premier pas avant de rêver d'approcher les étoiles du lac des Pises.

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