Le mouvement rebelle houthiste du Yémen a revendiqué, dimanche 9 août, une attaque contre une raffinerie saoudienne située sur la côte de la mer Rouge. L'annonce a été faite par le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans une déclaration diffusée par la chaîne Al-Masirah, contrôlée par le mouvement.
Une attaque revendiquée par les Houthis
Selon Yahya Saree, les forces houthistes ont utilisé un drone pour viser la raffinerie de Yanbu, l'une des plus importantes d'Arabie saoudite. Il a précisé que l'opération a été menée en coordination avec l'Iran, principal allié des Houthis, bien que cette affirmation n'ait pas été confirmée de manière indépendante.
L'attaque intervient dans un contexte de tensions accrues dans la région, alors que les Houthis ont multiplié les frappes contre des installations pétrolières saoudiennes ces derniers mois. En mars, une attaque similaire avait déjà visé une installation de la compagnie Saudi Aramco dans la même zone.
Impact potentiel sur les approvisionnements pétroliers
La raffinerie de Yanbu, d'une capacité de traitement de 400 000 barils par jour, est un maillon essentiel de l'infrastructure pétrolière saoudienne. Toute perturbation de son fonctionnement pourrait avoir des répercussions sur les marchés mondiaux de l'énergie, déjà volatils en raison des conflits en cours.
Les autorités saoudiennes n'ont pas immédiatement confirmé l'attaque ni fait état de dégâts. Toutefois, une source au sein des services de sécurité, citée par l'agence Reuters, a indiqué que des systèmes de défense antiaérienne avaient été activés dans la zone, sans fournir plus de détails.
Escalade régionale
Cette revendication survient alors que les pourparlers de paix sous l'égide de l'ONU, visant à mettre fin au conflit au Yémen, semblent dans l'impasse. Les Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa et une grande partie du nord du pays, exigent la levée du blocus maritime et aérien imposé par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite.
L'analyste politique yéménite, Ahmed al-Hamdi, estime que cette attaque est « un message clair adressé à la coalition et à ses alliés, montrant que les Houthis sont capables de frapper des cibles sensibles malgré les défenses ». Il ajoute que « cela pourrait compliquer les efforts de médiation internationale ».
Réactions internationales
La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite n'a pas encore réagi officiellement. Les États-Unis, qui soutiennent militairement l'Arabie saoudite, ont condamné les attaques précédentes contre des installations civiles et pourraient réitérer leur condamnation.
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à la retenue et à la reprise des négociations, soulignant que « toute escalade militaire ne fera qu'aggraver la souffrance du peuple yéménite ».
Cette attaque soulève également des inquiétudes pour la sécurité maritime dans la mer Rouge, une voie de passage cruciale pour le transport de pétrole. Les navires de guerre de plusieurs pays, dont la France et les États-Unis, patrouillent dans la zone pour dissuader ce type d'incidents.



