Le maire de Nice, Éric Ciotti, s'apprête à présenter une délibération visant à assouplir les règles des locations meublées touristiques, provoquant une vive opposition de la gauche locale. Ce vendredi 19 juin 2026, le conseil municipal examinera un texte qui, selon la majorité, vise à « offrir plus de lisibilité aux propriétaires, simplifier les démarches administratives et trouver un équilibre entre les besoins en logements pour les actifs et l'offre de location saisonnière ».
Un retour en arrière pour les résidences principales
La mesure phare concerne les résidences principales : la durée maximale de location en meublé touristique (type Airbnb) passerait de 90 à 120 jours par an. C'est un retour en arrière par rapport à la décision de l'ancien maire Christian Estrosi, qui avait abaissé ce seuil fin 2025 via la loi Le Meur pour lutter contre la crise du logement. L'opposition écologiste, par la voix de Juliette Chesnel-Le Roux, dénonce une mesure qui « facilite la tâche de ceux qui veulent transformer des logements en Airbnb ».
Des quotas revus à la hausse dans certains quartiers
Pour les résidences secondaires, le nombre de logements autorisés dans les quatre quartiers soumis à quota passerait de 671 à 691 en 2026. La répartition est inégale : le Vieux-Nice verrait une augmentation de 19 % (de 30 à 47 logements), tandis que le quartier Port/Mont-Boron enregistrerait une baisse de 11 %. « On voit un traitement différencié selon les quartiers, avec des autorisations revues à la baisse dans les zones aisées », critique Juliette Chesnel-Le Roux. Elle ajoute : « 691 logements touristiques vont être mis en place, alors que le plan local de l'habitat prévoit seulement 742 logements sociaux. On crée des logements sociaux d'un côté, mais on retire des logements pour les actifs de l'autre ».
Simplification administrative et allongement des autorisations
La délibération prévoit également de porter à 5 ans la durée du changement d'usage pour les nouvelles autorisations temporaires (contre 3 ans actuellement), sans possibilité de renouvellement. Les démarches seraient simplifiées par la suppression de certaines pièces justificatives, et les renouvellements ne seraient plus annuels.
La fin du critère du foyer fiscal en question
Le texte propose aussi de « supprimer le critère du foyer fiscal », sans plus de détails. Actuellement, pour les résidences secondaires, une seule autorisation de location meublée touristique est accordée par foyer fiscal, sans compensation. Si ce critère disparaît, un couple propriétaire de deux biens pourrait solliciter deux autorisations. « Il y a une volonté manifeste de faciliter la tâche de ceux qui veulent transformer des logements en Airbnb, alors que jusqu'à maintenant, on allait vers plus de régulation », s'indigne Patrick Allemand, élu municipal PS.
L'opposition de gauche promet de s'opposer fermement à ce texte lors du conseil municipal, estimant qu'il aggrave la crise du logement à Nice.



