Netflix va supprimer environ 1 000 emplois, soit 6 % de ses effectifs mondiaux, ont rapporté mercredi 14 octobre des médias américains. Le géant du streaming fait face à un ralentissement de sa croissance et à un tassement du temps de visionnage de ses abonnés.
Une annonce confirmée par la direction
Selon plusieurs médias américains, les deux codirecteurs généraux, Ted Sarandos et Greg Peters, ont justifié cette décision dans un message interne : « Notre mission – divertir le monde – est ambitieuse et la satisfaire nécessite de la discipline quant à nos priorités en matière de personnel et de ressources. » Sollicitée par l'AFP, l'entreprise n'a pas donné suite dans l'immédiat.
Cette annonce intervient alors que Netflix, pourtant dominant dans le secteur du streaming vidéo, ne parvient plus à faire croître son activité au même rythme que précédemment. Au deuxième trimestre, son chiffre d'affaires a progressé de 13,4 %, contre 16,2 % lors des trois mois précédents et 15,9 % pour la même période de 2025. L'entreprise californienne prévoit même une croissance de 11,7 % au troisième trimestre.
Un temps de visionnage en baisse
Plusieurs médias ont également fait état d'un tassement du temps passé sur la plateforme après des années de croissance ininterrompue. Début juillet, l'agence Bloomberg a rapporté qu'en moyenne, les chiffres de visionnage d'une série chutaient après la première saison. Ted Sarandos a reconnu en juillet que les secondes saisons connaissaient bien une baisse par rapport aux premières, mais il a rappelé que ce phénomène était « très commun dans l'industrie ». Il a affirmé que la décrue entre les deux premières saisons était en moyenne moins marquée qu'en 2025.
Lors de la conférence de présentation des résultats du deuxième trimestre, le directeur financier Spencer Neumann avait relativisé ces chiffres, soulignant que la trajectoire de l'entreprise n'était pas linéaire. « Nous ne gérons pas la société au trimestre près », avait-il fait valoir. « Notre but est de maintenir une croissance significative de nos revenus et de nos bénéfices. »
Des inquiétudes pour le secteur
Signe des inquiétudes des investisseurs, le titre du groupe a perdu 25 % depuis le début d'année à Wall Street. « Les licenciements chez Netflix montrent que même les plateformes de streaming ne sont pas à l'abri de la stagnation et des difficultés financières », a commenté Ross Benes, analyste du cabinet Emarketer. « Soumis à une pression accrue », a-t-il poursuivi, « Netflix va tenter d'inverser la tendance grâce à un coup de pouce provenant des contenus bon marché. »
Par ailleurs, Netflix a perdu sa bataille contre Paramount dans le rachat du groupe Warner Bros Discovery (HBO, licences Games of Throne, Harry Potter, studios de tournage, Discovery Channel). Paramount a dégainé 108 milliards de dollars pour racheter tout Warner Bros, chaînes de télé incluses.