Mère de Mbappé témoin assisté après un don de 60 300 €
Mère de Mbappé témoin assisté après don de 60 300 €

Fayza Lamari, la mère de Kylian Mbappé, a été placée sous le statut de témoin assisté, ce mercredi 14 octobre, dans le cadre de l'enquête visant Mohamed Sanhadji, ex-responsable sécurité des Bleus mis en examen pour corruption, après un don suspect de 60 300 euros. Cette décision a été prise par les juges d'instruction après l'audition de Mme Lamari vendredi, a indiqué une source proche du dossier, confirmant une information du journal L'Équipe.

Une sollicitation pour des visas

Selon la source, Fayza Lamari a sollicité à plusieurs reprises l'aide de Mohamed Sanhadji pour obtenir des visas pour des membres de son entourage. Sanhadji était alors fonctionnaire de police et employé par la Fédération française de football (FFF) comme responsable de la sécurité depuis 2004. Le statut de témoin assisté est plus favorable qu'une mise en examen.

Kylian Mbappé, de son côté, a été entendu par les enquêteurs de l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) le 30 septembre, selon deux sources. Contactée, Marie-Alix Canu-Bernard, l'avocate de Fayza Lamari et de la star du Real Madrid, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Un don de 60 300 euros scruté par la justice

La justice reproche à Mohamed Sanhadji d'avoir touché plusieurs versements de joueurs en échange de services rendus, alors qu'il était fonctionnaire de police. Il a été mis en examen pour corruption de personne dépositaire de l'autorité publique, recel de détournement de fonds public, trafic d'influence actif sur personne dépositaire de l'autorité publique, escroquerie et blanchiment de fraude fiscale.

Un versement particulier est examiné : un don de 60 300 euros de la part de Kylian Mbappé. Ce versement provenait de la prime du Mondial-2022. Dans la foulée, Sanhadji, surnommé "Momo" par les Bleus, s'est rendu au Cameroun avec l'attaquant des Bleus lors d'un séjour privé. Ce "don d'usage" avait été signalé par un banquier à Tracfin, la cellule de renseignement financier de Bercy, en juillet 2024, déclenchant l'ouverture d'une enquête judiciaire pour travail dissimulé et blanchiment de fraude fiscale. Une instruction a été ouverte en janvier.

Des auditions multiples et des conséquences pour la FFF

Les investigations se poursuivent et un autre fonctionnaire a été mis en examen dans ce dossier, selon la source. Mohamed Sanhadji, policier chargé de la sécurité de l'équipe de France de 2004 à décembre 2025, avait dû prendre sa retraite anticipée de la police nationale, sanctionné après avoir reçu ce gros chèque en 2023 sans en avoir prévenu sa hiérarchie. Il avait ensuite été recruté directement par la FFF pour accompagner les Bleus à la Coupe du monde cet été.

"La Fédération ne commente pas une procédure judiciaire en cours, mais en tirera les conséquences vis-à-vis de l'intéressé et va se porter partie civile", avait assuré en septembre une source de la FFF. Plusieurs personnalités du football français ont été auditionnées sans être poursuivies, comme l'ancien sélectionneur Didier Deschamps ou le président de la FFF, Philippe Diallo, selon une source. Selon Le Canard Enchaîné et L'Équipe, des policiers auraient pu bénéficier d'avantages permis par Sanhadji, comme des séjours au château de Clairefontaine.

Ce nouveau rebondissement intervient alors que Mbappé a mis fin à sa collaboration avec son avocate historique Delphine Verheyden, qui ne s'occupait pas des affaires pénales mais de ses contrats ou plus récemment de son litige financier avec le PSG. L'enquête se poursuit, avec des conséquences potentielles pour la FFF et plusieurs joueurs de l'équipe de France.