Guerre au Moyen-Orient : Patrick Martin du Medef alerte sur l'impact économique et le sous-investissement
Moyen-Orient : le Medef craint l'impact économique et le sous-investissement

La guerre au Moyen-Orient plonge les entreprises dans l'incertitude

Alors que le conflit au Moyen-Orient fait resurgir le spectre d'une crise énergétique et d'une déstabilisation du fret maritime, les chefs d'entreprise naviguent à vue dans un brouillard géopolitique de plus en plus épais. Patrick Martin, le président du Medef, livre au Point un diagnostic sans concession sur la résilience des entreprises et l'inquiétant sous-investissement chronique.

Un impact économique immédiat mais mesuré

Patrick Martin commence par exprimer sa solidarité : « D'abord, j'ai une pensée pour les Iraniens, qui vivent depuis des décennies des situations dramatiques, et aussi pour nos concitoyens présents dans la zone. » Concernant l'impact économique, il nuance : « Nous sommes moins dépendants aux hydrocarbures moyen-orientaux qu'au moment des deux premiers chocs pétroliers. Il ne devrait donc pas y avoir de problème de disponibilité. »

Cependant, la hausse des prix est inévitable et touchera les secteurs les plus énergo-intensifs : l'industrie lourde, la chimie, la sidérurgie, l'aluminium et certains services comme le transport routier. Le blocage du détroit d'Ormuz déstabilisera les chaînes de valeur avec des perturbations du fret maritime. Sur les marchés financiers, aucune panique n'est perceptible, mais ces événements commencent à peser sur le comportement des consommateurs.

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Une inflation contenue mais des risques persistants

Interrogé sur un risque de flambée inflationniste similaire à 2022, Patrick Martin répond : « Si cela devait durer, l'effet inflationniste serait plus faible car nous avons commencé à décarboner notre économie. Nous pourrions connaître un surplus d'inflation de 0,1 à 0,2 point. » Il estime que cela ne devrait pas générer de nouvelles revendications salariales, les salariés étant conscients de la situation économique.

Mais il met en garde : « Si la situation perdurait, l'état de nos finances publiques ne nous permettrait pas de faire face. » Avant ce conflit, les entreprises faisaient déjà face à une triple guerre commerciale, dont la plus préoccupante selon lui est la stratégie prédatrice de la Chine sur des marchés comme l'automobile ou la chimie.

L'incertitude chronique et le décrochage de l'innovation

Face à ce nouveau paradigme d'incertitude permanente, Patrick Martin reconnaît la résilience des entreprises françaises mais s'alarme : « Cette incertitude chronique pèse sur les décisions d'investissement. Et c'est ma plus grande inquiétude : la France décroche sur le champ vital de l'innovation. Il faut absolument éviter que ce sous-investissement devienne structurel. »

Il critique également le débat politique français, qu'il juge « complètement déconnecté de la réalité du monde », tout en saluant la réponse européenne qu'il estime opportune mais confrontée à une certaine inertie.

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