Les premiers coups de pelle ont été donnés au Mas de Mingue. Les résidences Montaigne et Ronsard, construites dans les années 1960, sont appelées à disparaître dans le cadre du vaste programme de renouvellement urbain du quartier.
Un chantier suivi par les habitants
Sous un soleil de plomb, le grondement des engins de chantier résonne entre les immeubles du Mas de Mingue. Ce vendredi matin, la grande pelle mécanique poursuit son travail au pied de la résidence Montaigne. Lentement mais sûrement, l’imposante barre d’habitation construite en 1963 commence à s’effacer du paysage nîmois. Avec sa voisine Ronsard, elle totalise 160 logements. Deux bâtiments emblématiques du quartier qui vivent aujourd’hui leurs derniers mois d’existence. Une étape symbolique du programme de renouvellement urbain engagé depuis plusieurs années au Mas de Mingue.
À quelques mètres du chantier, près du jardin d’enfants, les habitants observent la scène avec attention. Certains s’arrêtent quelques instants avant de poursuivre leur chemin. D’autres commentent les travaux en regardant les engins évoluer au pied des façades. Hamid, 82 ans, vient de récupérer ses deux petites-filles âgées de 3 et 5 ans à l’école. Le retraité suit attentivement l’avancée du chantier. «Ils vont vite ! Je suis content de voir ces barres disparaître», confie-t-il. «Aujourd’hui, on a besoin d’immeubles plus petits. Trois étages maximum, c’est suffisant. C’est mieux pour le cadre de vie mais aussi pour le confort. Il faut penser aux parents avec les poussettes ou aux personnes âgées. Au-delà de trois étages, avec les courses ou les enfants, cela devient compliqué.»
Un peu plus loin, Fatima, 32 ans, partage le même sentiment. Pour cette mère de famille, les démolitions portent l’espoir d’un quartier plus agréable à vivre. «Cela rendra le quartier plus convivial et plus agréable. Surtout pour nos enfants. J’espère aussi qu’il deviendra plus sûr», explique-t-elle.
Un chantier qui s’étalera jusqu’à l’automne
Derrière l’image spectaculaire des pelleteuses, la démolition n’est pourtant qu’une étape d’un processus engagé depuis plusieurs mois. Avant les premiers coups de pelle, les bâtiments ont fait l’objet d’importants travaux préparatoires : curage, récupération des matériaux valorisables et désamiantage. Les opérations sont réalisées par l’entreprise Castelnau Démolition pour le compte d’Habitat du Gard. La résidence Montaigne est la première concernée. La démolition proprement dite devrait durer environ quatre semaines avant que la grande pelle mécanique ne soit déplacée vers la résidence Ronsard. Au total, les deux opérations représentent un investissement de près de 830 000 euros hors taxes. Une part importante du budget est consacrée au désamiantage, qui représente à lui seul environ 35 % du coût des travaux.
Préparer le quartier de demain
Ces démolitions s’inscrivent dans une stratégie plus large de transformation du Mas de Mingue. L’objectif affiché est de renouveler l’offre de logements tout en améliorant le cadre de vie des habitants. Sur l’emprise de la résidence Montaigne, Habitat du Gard prévoit la construction de 30 logements répartis dans deux bâtiments collectifs de quatre étages. Des stationnements et un jardin central viendront compléter l’aménagement. Le terrain libéré par la résidence Ronsard sera quant à lui rétrocédé à la Ville de Nîmes. Un parking d’une quarantaine de places doit y voir le jour afin de répondre aux besoins de stationnement du secteur.
Pour les habitants, le chantier qui s’ouvre aujourd’hui dépasse largement la simple disparition de deux immeubles vieillissants. Il symbolise une nouvelle étape dans l’histoire du quartier. Une transformation qui, espèrent-ils, permettra au Mas de Mingue de gagner en qualité de vie tout en conservant son identité populaire et familiale.



