Exosquelettes : Aidadom 34 soulage ses aides à domicile à Clermont-l'Hérault
Exosquelettes : Aidadom 34 soulage ses aides à domicile

À Clermont-l'Hérault, l'association Aidadom 34 expérimente des exosquelettes pour soulager ses aides à domicile. Une initiative soutenue par AG2R La Mondiale, qui vise à améliorer les conditions de travail et à prévenir l'usure professionnelle dans un secteur où cette technologie reste encore rare.

Un équipement léger et efficace

Deux sangles à clipser aux épaules, d'autres aux cuisses. Il ne faut que quelques secondes à Laurence et à Stéphane pour s'équiper d'un exosquelette. Loin d'une armure à la Robocop, le matériel est léger, discret, mais son efficacité est redoutable. Grâce à lui, « mes semaines sont moins douloureuses, je suis moins fatiguée le soir », apprécie Laurence Lopez. Employée à domicile pour l'association Aidadom 34, la Clermontaise souffre de scoliose, de cyphose et d'une hyperlordose liée à une malformation congénitale.

Grâce au matériel offert par AG2R La Mondiale, Laurence « évite des douleurs lombaires quotidiennes. Cela me soutient, m'accompagne par exemple dans les travaux de nettoyage ou pour les courses. Il y a un effet ressort au niveau des jambes, cela nous permet de nous baisser et de nous relever presque sans effort ». À ses côtés, Stéphane Camus, auxiliaire de vie sociale, utilise un appareillage similaire. Lui s'occupe de personnes qui souffrent, « par exemple, de myopathie. Je suis un peu le bras qu'ils n'ont plus », confie-t-il. Ce matériel facilite son travail « et les tâches musculaires, comme les transferts. Cela m'aide énormément ».

Une expérimentation convaincante

Pour Stéphane, cet équipement est synonyme de moins de douleur, mais aussi de « moins d'appréhension pour faire certains mouvements, mentalement cela nous libère un peu », explique-t-il lors de la démonstration de matériel assurée devant les partenaires de l'association. « Cela fait plus de 30 ans que je suis dans le secteur de l'aide à domicile. Et c'est la première fois que je participe à un événement de ce genre, qui met en lumière une technologie aussi innovante dans le secteur de l'aide à domicile. À ma connaissance, cela n'existe pas ailleurs », mesure Jean-Claude Garcia, directeur par intérim de l'association Aidadom 34.

À Clermont-l'Hérault, ce matériel est « expérimenté depuis quelques mois dans un souci d'amélioration des prestations et de la santé des salariés. Avec ce retour d'expérience, aujourd'hui, nous sommes convaincus du bénéfice de cet équipement offert par AG2R La Mondiale », salue Bruno Betz, vice-président de l'association qui emploie 65 salariés. « C'est vraiment un matériel que l'on peut mettre comme un sac à dos. La logique de mécanique intervient au niveau des tiges en fibre de verre latérales. Dès que l'on engage le tronc pour faire une flexion, l'énergie est distribuée sur les cuisses, cela décharge les lombaires », analyse Maïlys Paquelet, représentante de l'entreprise Ergosanté, qui fabrique les exosquelettes de la marque « Hapo », à Anduze.

Un atout pour les conditions de travail

Ana Banda Galan, chargée de développement de l'action sociale chez AG2R La Mondiale, groupe paritaire et mutualiste qui a financé l'achat du matériel, souligne « la volonté des administrateurs de tenir compte de la santé de leurs collaborateurs. Ils savent à quel point ces métiers peuvent être éprouvants ». « On sait qu'il est très difficile de recruter du personnel soignant qui soit à la fois compétent, qui ait du savoir-faire, du savoir-être », poursuit Corinne Gonzalez. Pour l'adjointe municipale clermontaise, déléguée au social, il « paraît indispensable, tout au long de leur carrière, de proposer à ces salariés des outils qui leur permettent de travailler dans de bonnes conditions. Si le personnel bénéficie d'aide et de confort, cela va dans le sens du bien-être des patients, c'est un tout ».

Directeur par intérim d'Aidadom 34, Jean-Claude Garcia souligne que la prévention des risques professionnels et l'amélioration des conditions de travail ne s'arrêtent pas à cet équipement. « Des activités autour du tutorat, de la formation professionnelle. La coordination avec le personnel médical… L'organisation du travail en équipe qui, dans l'association, est mise en place depuis un an », participent aussi de cela. Il salue néanmoins le travail réalisé par Aidadom 34, « tout ce qui est mis en place pour rendre le métier plus attractif, pour que les salariés restent dans le secteur, et travailler sur la prévention de la désinsertion professionnelle, il faut éviter que les salariés, au bout de quelques années, soient usés par un métier et soient obligés de quitter leur association. Chaque année, on constate malheureusement un nombre important de salariés qui finissent leur carrière par une inaptitude au travail et sont obligés de faire autre chose. Cet outil, ces exosquelettes, contribue à une prévention de la désinsertion professionnelle ».

Un coût à mettre en perspective

Un matériel certes utile, parfois indispensable, mais particulièrement onéreux, estime Marie Passieux, conseillère départementale, qui pointe un prix, de prime abord, assez élevé. Un coût à mettre en balance avec celui d'un « arrêt maladie ou celui de la santé au travail, qui est aussi la santé à la maison », plaide Maïlys Paquelet, qui préfère mettre en perspective un « retour sur investissement ». Les deux tiers des effectifs travaillent à Clermont, l'autre tiers œuvre à Ganges. Le prix est d'environ 4 600 € pour les deux équipements, comprenant l'intégration, le suivi et l'accompagnement pour la mise en pratique in situ.