Le 48e Cinemed a ouvert ses portes à Montpellier au Pathé Comédie, après la fermeture imprévue du Corum, son lieu habituel. Face aux 60 000 spectateurs attendus, le festival du cinéma méditerranéen met aussi en avant la défense de la diversité culturelle et de l'indépendance du cinéma, dans un contexte de tensions politiques autour du financement de la création et de la liberté de programmation. Jusqu'au 24 octobre, 200 films sont au programme.
Une ouverture surprise au Pathé Comédie
La fragilité et la résistance. C'est ainsi que pourrait se résumer l'inauguration du 48e Cinemed. Cette année, elle s'est faite au Pathé Comédie. "Une surprise", a reconnu Géraldine Laporte, chargée de la programmation, devant le public massé dans la salle 1 du cinéma du centre-ville. Il y a dix jours, les équipes du Cinemed ont appris la fermeture de leur écrin : le Corum. Guillaume Gomez, directeur des cinémas Pathé de la ville, a été remercié pour permettre l'accueil des 60 000 spectateurs attendus. "Vous avez sauvé le festival", a lancé Christophe Leparc, le directeur du Cinemed, qui a refermé le dossier du sauvetage pour aborder celui, plus politique, de la menace contre le cinéma.
La mise au point du directeur
"Ce qui nous réunit aujourd'hui, c'est notre engagement pour la culture et le cinéma. Donner la parole aux artistes, prôner la diversité culturelle, diffuser des films venus de tout le pourtour méditerranéen : c'est précisément ce que cherche à nier et à effacer l'extrême droite", a lâché le directeur. Il a rappelé les fausses informations lancées par le RN sur le prétendu financement du Centre national du cinéma et de l'image animée par les impôts des Français, alors que c'est "une taxe prélevée sur les billets". "C'est un système vertueux que tous les pays nous envient, qui permet de résister à la domination de l'audiovisuel américain et de continuer à préserver notre cinéma indépendant", a-t-il précisé.
Il a évoqué le maire d'Elne (Pyrénées-Orientales), qui a débaptisé le cinéma municipal, jusqu'alors nommé René Vautier, accusé d'être anticolonialiste, et qui souhaite se mêler de la programmation. Et de lancer : "Nous tenons sincèrement à remercier nos tutelles de respecter nos choix éditoriaux sans aucune ingérence."
Un film d'ouverture symbolique
Une liberté qui s'illustre dès le choix du premier des 200 films attendus : Les Cœurs Affamés de Nanni Moretti. C'est à Hippolyte Girardot, qui joue le père de Louis Garrel dans le film, qu'est revenue la tâche d'ouvrir cette édition spéciale du Cinemed. Pour ceux qui l'ont manqué, le film du réalisateur italien sortira le 30 décembre sur les écrans. Jusqu'au 24 octobre. Divers lieux, Montpellier. cinemed.tm.fr